L'utilisation des plantes chez les indo-antillais

L’usage des plantes chez les indo-antillais


L’usage des plantes et le traitement de la maladie relève de l’ethnopharmacologie et du rite. L’étude de la médecine traditionnelle indienne pose un problème scientifique quand il s’agit de mettre en relation des symptômes identifiés, le diagnostic établi et l’utilisation des plantes car à ce jour on n’a pas fait de recherches approfondies dans ce domaine. A proprement parler, il n’ y a pas de classification de la maladie, la démarche première consiste à faire entrer l’explication dans un système religieux, magique ou philosophique.

Le malade d’ailleurs est attiré et es influencé par la démonstration qui, à priori, lui parait cohérente. Cette démonstration vise en premier lieu à faire apparaître le pouvoir supra-naturel qui s’exerce sur l’homme. Son utilisation est donc capitale pour celui qui s’est s’en servir. Ainsi, la maladie s’intègre dans une vision ou une représentation spécifique de l’homme, de l’univers et du monde réel qui a engendré aujourd’hui une auto-organisation structurelle face à la médecine moderne.

L’autre démarche est banale, comme cela se pratique très couramment dans nos sociétés, elle consiste à utiliser une ou plusieurs plantes si un problème de santé n’est lié à aucune explication magico-religieuse. Cependant, distinction est faite entre plante non sacrées et pantes non sacrées à usage médical.

Le paroka, plante non sacrée est utilisé souvent pour les maladies du foie, si la maladie persiste par contre et devient un sujet de préoccupation pour le malade, il a recourt au rite. Un autre exemple, le citron utilisé dans tous les rituels magico-religieux est considéré d’une autre manière pour d’autres utilisations. Dans la vie profane, il ne peut guérir que les maux passagers alors que dans le rituel il est capable de repousser ou d’extirper n’importe quel mal.

Il en est de même pour certains fruits ou pour les épices comme le girofle par exemple. Ainsi, la liste que nous dressons ci-dessous comprend la plupart des plantes utilisées aussi bien dans la vie profane que dans le rituel.

La plupart de ces plantes sont originaires de l’Inde ou de d’autres régions de l’Asie. Il est bon de savoir qu’elles n’ont pas toutes été amenées par les indiens ou autres immigrants asiatiques. Certaines plantes, dont un bon nombre sont des arbres ou des arbustes, ont été introduites aux Antilles par les navigateurs (espagnols, anglais, portugais et français), d’autres, probablement par les missionnaires ou les administrateurs coloniaux.

Beaucoup ont été utilisées soit pour border les allées ou pour faire des haies, soit pour l’ombrage qu’elles donnaient. On peut citer le flamboyant qui ne nous vient pas de l’Inde mais de Madagascar, le gingembre qui vient de l’Inde, les pompons jaunes ou pompons rouges (acacia sundra), arbres et arbustes originaires de l’Inde, le pommier-rose (eugenia jambos), arbre de l’Inde, le goyavier-batard ou herbe sèche ou herbe madeleine (flemingia strobilifera), etc.

Le vèpèlè qui est pourtant l’une des principales plantes sacrées utilisées lors des cérémonies, a été introduit en Guadeloupe, selon les témoignages recueillis, par le juge Délestré arrivé dans cette île en 1906. Il connaissait très bien l’Inde pour y avoir vécu et aussi l’hindouisme qui lui était devenu familier.

Il avait sympathisé avec Ramassamy, propriétaire d’un temple à Saint-François, et de retour en Inde il lui expédia des graines de vèpèlè ainsi qu’une statue de bronze. C’est donc à partir de 1907 que le vèpèlè furent plantés dans toute la Guadeloupe et par la suite en Martinique. Nous donnons ici une liste de plantes où la biochimie a déjà identifié des produits actifs.

Ail : thé de gousse d’ail contre les ballonnements et les vers intestinaux, les indigestions, les maux d’estomacs, l’hypertension. La bulbe est utilisé contre les fièvres et les toux et comme expectorant . Le jus pouvant être employé en friction contre les maladies de la peau.

Marronnier d’Inde : La graine est anti-inflammatoire, elle facilite la circulation du sang

Cives : Utilisées pour la préparation des mets. Vermifuge

Pois de bois blanc : En décoction, les feuilles sont utilisées contre les infections dentaires, la grippe et les vers intestinaux. Bouillies, elles peuvent être appliquées contre les infections de la peau et sur les plaies. Les graines pouvant être utilisées contre les morsures de serpent.

Cassia alata : Les feuilles sont utilisées en thé ou en tisane contre les vers, les diarrhées, la teigne, les morsures de serpent, les maladies du foie, l’excès de bile. En frictions, le jus de la feuille s’applique aux eczémas. La feuille est un poison pour le bétail et les poissons.

Citron : Son utilisation religieuse et magique est fondamentale. Le ciron protège des maléfices. Toutes les parties de la plante possèdent de nombreuses propriétés médicinales.

Coco : C’est le fruit du sacrifice végétal. Son utilisation religieuse et magique est très importante. Le fruit a de nombreuses propriétés médicinales. Les thés de racines sont utilisées contre la “chaleur”, l’excès de bile, les maladies vénériennes, et pour des bains de bouche, comme hypotenseur il nettoie “le sang épais”. L’huile en friction s’utilise contre les éruptions cutanées, les poux et les chutes de cheveux. Le fruit est un aphrodisiaque et un diurétique.

Giraumon : Le légume a une utilisation religieuse et magique. Il est utilisé pour la préparation de certains mets, calme la toux.

Graines à roussir : Le cumin est utilisé dans tous les mets

Vèpèlè : La feuille a de nombreuses utilisations magiques et religieuses. Elle est utilisée comme anti-insecte et en de nombreuses autres circonstances. La feuille en décoction est un antiseptique et l’huile est utilisée contre les maladies de la peau.

Safran : Il est utilisé dans tous les actes rituels et magiques. Les rhizomes sont utilisés sous formes de cataplasmes sur les blessures légères et contre les maladies de la peau. Le rhizome est un tonique aromatique et stimulant.

Girofle : Nombreuses utilisations magiques et religieuses. Est utilisé dans tous les mets.

Herbe à fer : En thé, les feuilles combattent la fièvre, la grippe, le diabète. Il en est de même pour les racines en décoction. Les feuilles pilées et roussies s’appliquent contre les ecchymoses.

Mangue : La feuilles est utilisée dans le rite du feu sacrificiel, le bois sec sert à confectionner le foyer de ce feu. Les feuilles en thés sont bonnes contre la fièvre, les insomnies et diarrhées, le thé de l’écorce contre l’hypertension. La résine provenant du bois brûlé s’applique contre la teigne. Différentes parties de l’arbre peuvent être utilisées dans des traitements divers : infections oculaires, asthme, piqûre de scorpions.

Paroka : Le fruit est utilisé dans certains mets. Les feuilles en décoction contre le diabète, l’hypertension, les vers intestinaux, l’excès de bile, les maladies du foie, etc… Les feuilles écrasées et mélangées à un corps gras donnent un onguent contre la gale et les maladies de la peau. Le jus de fruit est également utilisé contre le diabète.

Framboisin : Utilisation religieuse. La boisson est dédiée au Dieu Rama. Les thés, à partir des feuilles, sont absorbés contre les coups de froid et les fortes fièvres. La plante entière est utilisée en bains aromatiques dans le traitement des rhumatismes et de la paralysie.

Tulsi : Plante sacrée. Le jus de feuille est utilisé comme expectorant. Des parties fraîches de la plante sont frottées sur les piqûres d’insectes et les morsures de serpent.

Basilic, petit baume : Utilisée contre les ballonnements et dans certains mets.

Bétèle : Plante sacrée. Utilisation religieuse et magique. Plante grimpante dont la feuille est appliquée en cataplasmes sur les plaies, ainsi que sur la tête contre les fièvres. Des huiles provenant des feuilles sont des antiseptiques utilisées contre le catarrhe.

Bois d’Inde : Les feuilles sont utilisées en thés “réchauffants” et aussi pour les crises par les vers intestinaux.

Carapate blanc ou ricin : L’huile à une utilisation religieuse et magique. Elle est utilisée également pour les cheveux et la peau. La plante est antidiarrhéique. Le sirop est vermifuge.

Tamarin : Le fuit est utilisé dans certains mets. Les feuilles en thés sont un traitement contre l’hypertension. Le jus de fruit est un laxatif, utilisé aussi dans le traitement des maladies fiévreuses.

Source :
La migration de l’hindouisme vers les Antilles de Max Sulty et Jocelyn Nagapin


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