volé nonm moun-lan

Ploumploum volé nonm moun-lan


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C’étaient les vacances de la Toussaint, Marie-Bernard était tout émoustillée à l’idée de passer deux nuits à l’hôtel Plein Coco en compagnie de Célestin, son coupeur de canne à sucre. Faut dire que Célestin n’était pas tout le temps disponible, entre sa vie de famille, son travail et ses activités au temple « Jésus ké rivini », ils ne pouvaient guère se voir comme elle le souhaitait.

Heureusement, Marie-Bernard était une femme patiente et discrète. Elle lui envoyait rarement des SMS et attendait toujours son appel. Vingt-deux heures était l’heure à laquelle il pouvait la contacter pour un koké express. Attention, soyons clairs entre nous ! Ce n’était pas n’importe quel koké djoukak épi jwi sur la banquette arrière de la voiture. Awa !

Pour ce marabout de Célestin, c’était tout un art. Il savait comment caresser sa maîtresse, lui murmurer des choses qui auraient pu ressusciter Jézikri pour le laver de tous ses péchés. Pour sûr, i té ké rivini wi ! Célestin connaissait la jouissance que sa langue pouvait procurer. Il suffisait qu’il lèche le fond de l’oreille de Marie-Bernard pour qu’elle dégouline comme du miel.

Elle pouvait aisément jouir sans pénétration car son marabout connaissait ses faiblesses. Ah oui, Célestin savait koké bien comme il fallait. Hélas, sa femme ne savait pas apprécier ses atouts. La maternité l’avait détournée du vice dont il avait besoin.

C’était donc Marie-Bernard qui comblait les attentes de Célestin. Bien évidemment, à force de jouir dans un mélange de sueur et de tremblements de chatte, les sentiments s’installèrent. Ils s’aimaient mais Célestin était trop kapon pour quitter sa femme. Il n’avait rien à lui reprocher hormis son côté sainte-nitouche, dapré’y !

Mais à l’inverse, il aimait le côté salope de Marie-Bernard ainsi que son esprit vif. Une femme qui pouvait provoquer quotidiennement une migraine à son homme. Pour sûr, il fallait aimer le risque pour être à ses côtés et avoir une bonne mutuelle pour couvrir les maladies cardiovasculaires qu’elle pouvait provoquer balan i té ka fè tjwè’w soté.

Mais cela faisait partie de son charme. La tranquillité était pour les flègèdè, Marie-Bernard aimait vivre quels que soient les excès. Ah oui, Célestin adorait ce côté libérateur et je-m’en-foutiste de sa maîtresse. Hélas, c’était un homme prudent avant tout. Il ne pouvait que la faire jouir et la conseiller pour l’achat de sa voiture, de sa maison, pour ses investissements etc.

C’était sa manière de lui témoigner son affection et son amour. D’ailleurs, il lui avait donné l’apport pour qu’elle achète sa résidence secondaire à Saint-Pierre qu’il louait de temps en temps pour ses vacances avec sa belle-famille. D’ailleurs, il n’avait eu aucun scrupule à faire son beau-père payer la caution.

Bref, Marie-Bernard attendait patiemment que son amant la fasse mouiller les draps de l’hôtel de la personne. Qu’il lui pète son petit cul lisse dans la piscine avec une coupe de champagne à la main. Puis qu’il la termine à terre, sur le sol de la chambre. Yen ki santimèt, pa ni santiman, promesse de Célestin.

Quitte à l’étouffer en lui serrant la gorge ou à provoquer des hématomes en la ficelant avec une corde rouge. Hélas, les fantasmes de Marie-Bernard se sont envolés fiap lorsqu’elle reçut un message de Célestin. Il ne pouvait plus se libérer car sa femme avait annulé sa croisière au dernier moment pour cause de dengue.

Fanm-lan té anrajé wi ! Elle n’avait jamais critiqué son épouse ni souhaité son malheur. Il lui arrivait même de conseiller Célestin afin qu’il ait une meilleure relation avec cette dernière. Mais cette fois-ci, la maitresse voyait rouge. I santi i té ké bat madanm boug-la. Elle avait tellement souhaité qu’il la décale dans tous les sens que son corps pouvait lui permettre.

Résignée, Marie-Bernard décida de rejoindre sa famille au cimetière afin d’éclairer le caveau familial. Malgré sa rage, la jeune femme dont la kèkèt tremblait de déception paraissait joyeuse à leurs yeux. Une grande comédienne, je vous le dis. Depuis petite, elle avait pour habitude d’illuminer les tombes abandonnées sur son passage.

Comme chaque année, elle le fit avec entrain sauf que cette fois-ci, ti tjè’y té ka soufè toubònman. Elle s’attarda particulièrement sur une tombe tristounette où les herbes avaient décidé d’élire domicile.

Elle y déposa trois belles bougies puis fit une libation de rhum. Le soir même, elle fut visitée en songe par l’esprit de la défunte qu’on appelait Man Lorella.

L’entité avait senti le désespoir de Marie-Bernard. Pour la remercier de son geste, elle vint à sa rencontre :

— Tifi pa pè, salop-la ké ba’w sa ou lé ! 
­— Impossible Madame. Il ne pourra jamais se libérer sans éveiller des soupçons.             
— Tjip, ou pa konèt mwen piès. Je vais te montrer comment canaliser l’esprit Manawa. 
— L’esprit Manawa ? répondit Marie-Bernard, intriguée.              
— Oui oui, l’esprit Manawa œuvre pour les maîtresses. Celles qui sont cachées mais qui doivent jouer en très peu de temps le rôle de l’épouse salope, serviable, psychologue, cuisinière, conseillère et j’en passe. Et pendant qu’elles attendent une petite gratification, Cochon est chez lui bien blèz avec sa femme. Tout roule puisque Maîtresse a fait tout le travail, n’est-ce pas ? Sois sa manawa au lit et laisse la sainteté pour l’autre, tjip !
— Mi sé sa man ka viv !
— Man sav sa ! Pa pè, sa ké chanjé , gadé pou wè.

Le lendemain, Marie-Bernard se réveilla le sourire aux lèvres car elle savait que son plan koké allait aboutir coûte que coûte. Pleine de certitude, elle prépara soigneusement le fameux « ploumploum volé nonm moun-lan » avec l’assistance de l’esprit Manawa.

Bagay-la pa té fasil piès ! Foutrement compliquée cette affaire. Et ne croyez pas sakré bann makrel que je vais vous transmettre la recette de ce fameux ploumploum. Zòt lé yo pété an kout fizi dèyè mwen, ébé Bondié ! Épi demen, an fanm ka fè sa ba nonm mwen ?! Asiré man ké fini lajòl wi ! Tout ce que je peux dire, c’est que Marie-Bernard devait ramasser de la terre que foulaient des péripatéticiennes et des ravèt légliz puis l’ajouter à une préparation composée de rhum blanc, de trois gousses de vanille et de choses que ou pa bizwen sav !

Sieu ploumploum ta-la té ka santi bon toubònman. Tout dan visièz-la té déwò. Mais pour arriver à ses fins, il fallait que Célestin sente l’odeur sur elle. En effet, c’était la clé.  Confiante, elle se ramena au cabinet du bougre. I mantjé mò wi ! Il croyait que sa maitresse venait faire un scandale devant tout le monde. Awa ayen, elle fit mine de prendre rendez-vous tout en passant près de lui afin qu’il hume son odeur de kochoni.

Koko boug-la gonflé la mèm ! Chalè monté. Sufokasyon pran’y ! Il se battait violemment pour rester de marbre face aux atouts de la diablesse. Quant à Marie-Bernard, i té an jwa.

Trois jours plus tard au pipirite chantant, Célestin se rendit au domicile de sa maîtresse. Il lui annonça avec enthousiasme qu’il avait demandé le divorce à sa femme. Vivre loin de Marie-Bernard lui était maintenant inconcevable. Fanm-lan mantjé tonbé léta !

Elle s’attendait à ce qu’il vienne lui dévorer la chatte, quitte à en perdre le souffle et frôler la mort. Mais certainement pas à cette nouvelle. De plus, elle avait constaté qu’il était venu avec ses valises.

Seigneur Dieu ! Jamais elle n’aurait pensé que son coupeur de canne allait plaquer sa vie de famille rangée pour elle, non jamais ! Mais le plus terrible fut qu’elle se sentit coincée.

Oui, coincée. Mine de rien, Marie-Bernard aimait bien sa vie de femme libre, sans compte à rendre à personne. Et là, son amant débarquait, amoureux, pour s’installer chez elle. Koké i té lé koké épi boug-la !

— Mon amour, dès que les papiers seront signés, je t’épouserai aux yeux de tous.

Bonda Marie-Bernard té mélé mèm. Le soir même, elle se rendit sur la tombe de Man Lorella pour la sommer de venir la visiter en songe. Une semaine après, Man Lorella se présenta :

— Sa ki ni yich mwen ? 
— Célestin a quitté sa femme pour m’épouser !
— Sé pa sa ou té lé ?     
— Je voulais juste koké, jouir mais pas qu’il quitte son épouse ! Je n’ai pas envie d’être la belle-mère de ses mioches moi !        
— Ma chérie, je crois que tu t’es emballée par ta quête de kèkèt trempée han. L’essence de l’esprit Manawa est de mettre en lumière la femme cachée.       
— Fait chier ! Bon au moins, i ka ba mwen sa maten, midi, o swè. Je ne vais pas me plaindre. Lè tjou mwen ké bon, man ké fouté sa déwò.     
— Ma chérie, faudra l’épouser et ne jamais le tromper.  
— Quoi ?! C’est quoi cette histoire !       
— Oui oui Marie-Bernard, si tu ne l’épouses pas, l’esprit Manawa viendra te prendre et tu deviendras la plus grande péripatéticienne de l’île. Tu ne pourras jamais fermer tes jambes sous peine de suffocation. D’après toi, à quoi servait la terre foulée par les ravèt légliz han ?              
— Fait chier !    
— Eh oui, on donne mais il y a toujours une contrepartie yich mwen.     
— La mort ne me fait pas peur, dit-elle avec assurance et défi.   
— Même après la mort, l’esprit Manawa viendra te prendre. Et la sentence sera encore plus terrible. Je te le déconseille.
— Jésus, ki sa man fè ? chouina-t-elle.   
— Sé pa ayen Jézikri ké fè ba’w, ou pri, sakré ti isalop. Cesse de pleurer et épouse-le.

C’est donc sous la contrainte que Marie-Bernard épousa Célestin aux yeux de tous. Fou d’amour et sous le charme, i té ka ba’y kout koko alé pou viré. Madanm-lan té izé mèm. Ozabwa, kèkèt-li té bizwen repo. Elle ne pouvait plus continuer ainsi sous peine d’hospitalisation. Malheureusement, Célestin était possédé par l’esprit Manawa, il avait besoin de sa dose de koukoun trempée.

Alors, ce fut donc Josiane, son ex-femme, qui en profita. Sans cette histoire de vie commune, Josiane redécouvrait la bête cachée de Célestin. Et pendant qu’il pétait sa tête contre le mur à force de sucer sa chatte, Marie-Bernard avait rejoint la congrégation des ravèt légliz pour prier pour elle et son mari.

Valérie RODNEY


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Un commentaire pour “Ploumploum volé nonm moun-lan”

  1. Wayy tou bonneman !
    Moralité suffis toi de ce que tu as 😂

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