l'homme à baton guada

Les mystères de l’homme au bâton

Fin 1956 au lycée Carnot, une jeune élève de bonne famille fit une tentative de suicide en se jetant du haut du mur qui surplombait le collège technique. Conduite à la clinique Lemaistre on découvrait qu’elle avait été sauvagement violentée. Elle raconta que la nuit précédente un mystérieux individu s’était introduit dans sa chambre alors qu’elle dormait et lui avait planté un bâton dans le vagin.

On retrouva le bâton ensanglanté : un manche de balai. Ce fut la première victime. Une plainte fut déposée, l’enquête était en cours quand il y eut, suivant le même scénario, une deuxième, une troisième, une quatrième victime au rythme d’un drame par semaine. L’émotion dans la ville était à son comble, on conseillait aux familles qui avaient des filles entre 16 et 25 ans de verrouiller les portes, de se barricader la nuit, et si possible de monter des tours de garde pour surprendre l’homme au bâton.

Un premier constat : mise à part la première victime, toutes les autres habitaient la partie de la ville qui va de « L’Assainissement » à « Dino » en bordure du cimetière et de la mangrove. Il s’agissait donc de quartiers pauvres de Pointe-à-Pitre, où les cases en tôle s’entassaient, séparés les unes des autres par d’étroits corridors, dans des ruelles le plus souvent mal éclairées, voire pas du tout. La fermeture des portes de ces cases était souvent plus symbolique que réelle.

J’étais pensionnaire au lycée Carnot, j’étais pensionnaire chez le père d’Anita. A qui habitait en face du cimetière de Pointe-à-Pitre.

(…) Au milieu de la nuit j’entendis un cri. Je me suis précipité hors de la chambre où dormait également le fils du propriétaire, et nous avons vu s’enfuir un homme nu par une porte à l’arrière de la case donnant dans une de ses sombres ruelles.
Nous n’avons pas osé le poursuivre. Nous sommes allés rejoindre Anita qui continuait à hurler. Elle baignait dans son sang, avec ce manche de balai ensanglanté sur le lit!

Témoignage

Puis la police arrêta un homme entrain d’enjamber le cimetière. Et en perquisitionnant chez lui, ils découvrirent un stock de manches à balai. L’homme n’a jamais avoué mais malgré qu’il était en prison, il y eut deux nouveaux drames ! C’était donc la preuve que l’homme arrêté était innocent. Mais après qu’il partis pour la France en bateau, il n’y eut plus jamais d’affaire d’homme au bâton.

C’était probablement une rumeur, et selon certains proches de la première victime :

La demoiselle fût victime d’une relation incestueuse au sein de sa famille . Probablement enceinte, un proche aurait voulu la faire avorter avec l’aide d’un quimboiseur. Ce dernier, pour détourner l’attention de la police et envoyer cette dernière sur cette fausse pistes aurait entrepris avec des comparses, toute une série d’autres crimes selon le même scénario.

On peut penser que le quimboiseur un moment présumé coupable, celui qu’on avait dit être « l’homme au bâton », était peut être aussi un de ceux-là, et que les autres ont continué à agir pour le laver de tous soupçon. Une fois l’affaire de l’inceste de la famille du notable étouffé, l’attention détournée, il n’y eut plus de raison de continuer ce jeux macabre.

Le dossier a été fermé sans plus : affaire sans suite. Le mythe est resté, au point que pour la mémoire collective, l’homme au bâton en Guadeloupe est comme le dorlis en Martinique est fantasme sadomasochiste.

En tout été de cause cette affaire révèle la relation trouble qui se noue entre les mœurs d’une fraction de notables respectables de la société guadeloupéenne et les pratiques magico-religieuses de ces personnalités au-dessus de tout soupçon.

Source:
Kenbwa an Gwada d’Hector Poullet


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