tout a man coco

La légende du trou de Madame Coco


Quand on parle de la commune d’Anse-Bertrand, on pense tout de suite au Trou de Madame Coco, en créole  » Tou a Man Koko « . C’est une grotte près d’une crique où les visiteurs prennent plaisir à se baigner.
Situé à l’extrême Nord de l’île de la Grande-Terre sur le territoire de la commune d’Anse-Bertrand, le Trou de Madame Coco est une excavation monumentale ouvrant sur une cavité souterraine naturelle creusée à flanc de falaise par l’Océan Atlantique.

D’accès direct quasi impossible, cette grotte marine est l’objet quelques légendes qui lui ont valu son nom.
Selon la légende, Man Coco serait une femme jalouse ayant fait un pacte avec le Diable pour devenir plus riche que sa rivale Madame Grands-Fonds. N’ayant pas respecté ce pacte, elle se rendit en mer et le Diable l’emporta au lieu-dit « Tou a Man KoKo ».

En effet, si un jour tu approches du Tou a Man Koko vers midi, tu entendras cliqueter assiettes et fourchettes des diables qui ont envahi ces lieux. C’est pour eux, l’heure du déjeuner.

Yékrik ! Je vais vous brocanter la légende de Man Koko !

Madame Grands-Fonds était la riche propriétaire d’une distillerie qui se situait à l’emplacement actuel du Moulin de Grands-Fonds Macaille à l’Anse-Betrand. Les affaires étaient prospères, car le rhum se vendait bien. Cela se voyait à la splendeur de l’immense maison créole qu’elle habitait, à l’élégance de ses deux filles, toujours habillées ton sur ton de vêtements dont les tissues venaient des magasins les plus huppés de Paris.

Dans la même commune vivait Man Koko qui, elle, tirait le diable par la queue. De loin, elle admirait les toilettes des dames Grands-Fonds quand elles faisaient leurs promenades vespérales. Et, toutes les fois qu’il lui arrivait de passer devant leur magnifique demeure, elle se disait avec amertume: « An té ké tèleman anvi, ni on kaz konsa! Sèten sa pé ké jen rivé mwen !

Elle rentrait chez elle, le fiel au cœur et se mettait à repriser avec hargne, les vieilles robes mille fois recousues de ses deux filles. Man Koko, jour et nuit, ne se lassait de rêver qu’elle était une dame de la haute. Cette idée finit par devenir son obsession: elle serait riche un jour, elle aurait une belle maison, ses filles seraient vêtues comme des reines.

Elle allait se donner les moyens de mettre son projet à exécution. Le travail? ça n’avait jamais enrichi personne. Une de ses arrière-grands-mères avait été esclave, elle est morte à vingt-six ans, en plein mitan d’un champ de cannes, le paquet qu’elle venait d’amarrer à la main. Man Koko n’était pas une fainéante, non, mais le peu d’argent qu’elle tirait de son emploi servait à peine à les nourrir toutes les trois.

Elle conclut donc avec le Diable un pacte qui lui donnerait la richesse en échange d’une de ses filles. Du jour au lendemain, la vie de Man Koko changea. Elle eut la fortune, la maison de ses rêves, des robes élégantes pour elle et ses filles. Cependant, elle semblait avoir totalement oublié l’engagement qu’elle avait pris en compensation de cette opulence.

A cette époque, les transports se faisaient sur mer ou sur rivière, par canots ou par barges, les routes n’étant pas praticables. Man Koko, ce jour-là, devait aller à Point-à-Pitre. Elle se rendit donc à l’embarcadère de l’Anse-Bertrand, à l’emplacement actuel de la Place de l’Eglise. De là, elle prit place dans un canot qui la conduirait à Petit-Canal. Une barge lui permettrait d’arriver ensuite à Point-à-Pitre.

Sitôt dans le canot, les passagers furent assaillis par une vague énorme et violente qui fit chavirer contenant et contenu. Habitués à ce genre de situation, les marins remirent l’embarcation en place et tout le monde y remonta. Tous, sauf Man Koko que les autres voyageurs stupéfaits virent marchant précautionnement sur la mer, soucieuse de ne pas abîmer ses belles chaussures toutes neuves.

Son parapluie la protégeant des rayons brûlants du soleil, elle prit la direction non pas de Petit-Canal, mais de la Grande-Vierge. Le barreur vira de bord, essayant de la rejoindre, mais plus la barque allait vite, plus Man Koko accélérait le pas sur l’eau. Il la suivit jusqu’à le Pointe de la Grande Vierge. Elle était passé devant l’Anse Pistolet, ensuite devant le Rocher des Pitons.

Finalement Man Koko bifurqua à droite et pénétra dans une grotte. Les poursuivants y entrèrent à leur tour. Ils appelèrent Man Koko sur tous les tons, ils la cherchèrent dans la moindre crevasse. On ne la revit jamais plus. C’est depuis ce jour-là que cette grotte porte le nom de Tou a Man Koko.

A l’intérieur de cette grotte se trouve une table de pierre. A midi, on y entends des bruits de vaisselle : ce sont les diables qui déjeunent. La parole dit que les hommes politiques viennent souvent y faire leurs incantations, « prières à Man Koko », afin de remporter des victoires électorales.

Sources:
-Grand-Père Chabri raconte, légendes et mystères du pays-Guadeloupe de Sylviane Telchid
-Facebook: J’aime la Guadeloupe


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