Les roches volantes

Faits insolites et mystique en Haïti : les roches volantes


Avez-vous déjà entendu parler de roches volantes? Non?

Non! Je m’y attendais à cette réponse ! Mais est-ce vraiment impossible ? Auparavant j’y croyais pas, aussi dur comme le fer. S’agissait-il d’extraterrestres ? Mais non! Ce n’est que des histoires d’une puérilité mordante pour aiguiser l’imagination de gamins trop turbulents. Mais alors, comment des roches peuvent voler et ainsi défier la science ?

L’apesanteur ! La loi de Newton ? Il doit se retourner dans sa tombe à l’heure qui suit. Parce que vrai de vrai, aussi vrai que je vois l’écriture illisible des profs au tableau lorsque je porte mes verres. Et oui je vois avec telle clarté ! 

Dans une lointaine contrée dans le Nord. Une petite ville paisible où mère nature faisait loi, les habitants prospéraient tant bien que mal. Ils mangeaient des semences de leurs petits jardins et prenaient plaisir au plus simple bienfait de la vie. Comme toute bonne communauté , ils y avaient des problèmes a régler et des solutions immédiates à trouver. Et l’une des leurs était l’économie.

En effet, comment substituer aux mauvais jour, alors qu’on était claquemuré, sans aucune issue , aucune communication directe et sans danger avec la ville la plus proche ? La solution, une route s’imposait ! Tout content de cette nouvelle perspective, ils se mirent tous au travail.

Comment l’Etat en a eu vent? Nul ne le sait. Mais nous savons où il y a de l’argent l’état s’y trouve. Et pour montrer leur bonne foi envers le développement, il fallait des preuves aussi minimes et fausses que ce soit . Ironique, non?

Et c’est sans surprise qu’un groupe d’ingénieur d’état prirent le relais et la semaine suivante tout était fin prêt pour le déroulement du travail. D’un entrain sans pareil avec des tracteurs et camions, ils entreprirent de raser une plaine afin d’en faire la route. Ils commencèrent de ce pas à la démolir.

Une semaine , deux semaines , tout se passait a merveille. On voyait même un début de route. Chaque jour, des corvées étaient organisées pour cuisiner. Ah oui! Les gens du Nord sont d’une hospitalité sans bornes ! Les meilleures patates, les meilleurs légumes, le rejim banan plus rèk, l’igname la plus succulentes, les poissons , les poules , les cabrits , sans compter les fruits, tout étaient destinés aux visiteurs . Chez nous dans le Nord, la satisfaction des visiteurs est primordial!

Vient alors la troisième semaine où les complications commencèrent. Sans raison apparente il se mit a pleuvoir que sur la plaine, rendant la route impraticable pendant des jours. Une pluie qui ne se déversait que sur un endroit bien déterminé, il y avait matière a avoir des frissons dans le dos. Pourtant ils ne se découragèrent pas.

D’un calme olympien, ils attendirent les beaux jours. Et ils furent récompensés puisque le troisième jour haut dans le Zenith le soleil brillait de mille feu. Dès le matin, ils continuèrent la tâche en chantonnant. Vers midi après le repas quand vient l’heure de continuer, le chauffeur du tracteur fût incapable de le démarrer. Pourtant suant et hurlant, il fit tout ce qui était en son pouvoir pour y arriver, mais en vain.

Lui vint alors l’idée de vérifier l’intérieur du capot. Terrifiant ce qu’il y trouva! Des serpents ! Mais d’où sortaient-ils? De toutes les couleurs et formes, ils formaient un rang inébranlable tel un régiment de l’armée Napoléonienne attaquant la Russie. Les plus terrifiants étaient blancs et verts, on aurait dit l’incarnation de l’esprit de la montagne. Rien d’étonnant puisque les serpents verts et blancs n’étaient que des montures des esprits.

Si par hasard vous rencontrez un sur votre chemin, courrez sans demander votre reste. Surtout si ils portent des colliers et anneaux ! Pourtant en face des couleuvres, le chauffeur monté par les *guinens* défia la loi en prenant une bouteille de clairen. Il but puis en versa par terre pour les *san’n pa wè io* en psalmodiant une prière. Une litanie tout en dansant et en faisant le tour du tracteur. Une minute plus tard il s’arrêta net et s’agenouilla en baisant la terre une dizaine de fois et en buvant a même le sol.

Puis en prenant lentement une allumette de sa poche, il l’alluma et la jeta par terre sans cesser la litanie. Alors monta une odeur de chair brûlée venant du tracteur et lorsqu’on regarda; on vit les serpents se tordre et même danser selon une danse inédite. Danse du feu pour faire un peu d’ironie. C’était si étrange, alors que le feu n’était même pas sur les serpents.

Dix minutes plus tard, il ne restait plus rien des serpents pas même la cendre. Ils se volatilisés comme s’ils n’étaient jamais apparus. Dans un silence total, le chauffeur revint a lui et sous les applaudissements des habitants (quoique secoués, il reprit le travail avec le même entrain. Un mois s’ensuivit sans qu’il y ait le moindre anicroche. Tout se passa pour le mieux , tout sucre, tout miel. On arriva alors a la partie la plus dangereuses. La partie rocheuse !

Serpentée de roches par ci par là c’était un véritable calvaire. Dieu merci pas impossible ! Le chauffeur s’y met avec beaucoup de vigilance. Roche après roche, méticuleusement il débloqua la route. Ne restèrent que deux a la fin. Une grosse, de belle proportion, anguleuse, polie, blanchie et soyeuse. Et à ses côtés, une toute petite. Tel un enfant et sa mère. Ou encore un amant avec sa maîtresse attitrée. Peu importe !

Elles se dressaient fières, oppressantes et brillantes au milieu de la route. Nul sur son passage ne passerait sans les contempler. Étranges, magmatiques, elles attiraient le regard et lançaient un message que chacun à leur façon captait et comprenait ! Moi dans tout ça je ne voyais qu’une harmonie de mère nature.

N’étions nous pas sur terre pour être ensemble ? Bah on n’en fait que ce bon nous semble. Pourtant deux roches , superbes et mystérieuses nous défiaient ironiquement. Après tant de contemplation, le chauffeur s’attela a la tâche. Lentement il avança son tracteur et avec ses grosses dents souleva les roches. Mais une chose étrange se passa.

Comme si elles avaient pris de l’élan et réveillées d’un sommeil réparateur, les deux roches s’envolèrent dans le ciel bleu. Les gens bouches bés et les yeux telles des soucoupes, regardaient en silence. Comment était-ce possible ?

Après une ou deux secondes a vaciller dans le vide, la plus grosse s’élança vers la rivière suivit de près par la petite. Je dis bien voler, oui voler comme des oiseaux ou encore des papillons mais certainement pas débouler ou encore rouler dans les ravins. Cette question revient encore dans la bouche des habitants, comment était-ce possible ?

On trouve bien des réponses, mais l’une aussi fausse que l’autre. Ce n’était que spéculation de notre part! Et Newton qui avait dit que tout était attirer par la pesanteur ! S’il voyait cela, il aurait déchiré toutes ses recherches dotées de logique et de science pour en trouver une explication. Assurément et pas petu être qu’il aurait passé sa vie et même sa mort sans trouver une réponse, même juste.

Dans tout le village on ne parla que des roches volantes, bien qu’on ne rencontra aucune difficulté de ce genre après. Trois mois après, la route fût inaugurée. Pourtant les roches étaient toujours là au bord de la rivière dans la même position initiale en lançant un message à quiconque qui les voyait.

Elles étaient devenues la légende du village. Tu ne saurais passer dans cette ville sans qu’on te les montre ou encore sans tu entendes parler d’elles. Bien que les enfants bravant les dangers avait dessinés et écrits sur elles, les roches restaient là plantées au milieu du décor défiant quiconque de les séparer. 

Qu’en est-il du chauffeur ? Il mourut dans de tragiques et mystérieuse circonstances. Tout comme son équipe, une semaine après. La mort d’un était toujours plus atroce que l’autre. Comme dit les vielles du village, il y a toujours un prix a payer.

Raphlee

Avez-vous déjà entendu des arbres qui parlent ? Des arbres après avoir été coupés se dressent comme une verge en érection pointés dans toute sa magnificence vers le ciel. Ou encore de fait encore plus insolites ? 

Dans ce cas patientez, car je vais satisfaire votre curiosité illimitée de la réalité de notre pays !


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