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L’histoire des Terres-Sainville


Le quartier Terres-Sainville, autrefois appelé « Faubourg Thébaudière » ou encore « Quartier des Misérables » était une zone marécageuse, particulièrement insalubre. Elle s’étendait sur une trentaine d’hectares et appartenait avant 1902 à un certain Marquis de Sainville. Parallèlement à ce développement, tout au long du XIX° siècle, le cœur de la ville de Fort-de-France prospérait, depuis le tremblement de terre de 1839 qui l’avait détruite, faisant disparaître pratiquement tous les bâtiments et occasionnant plusieurs morts.

Quelques temps plus tard, un incendie a ravagé la ville, éliminant parfois, des familles entières que l’on n’avait pas pu sauver des flammes. On a reconstruit hâtivement quelques cases sur la place de la Savane afin de parer au plus pressé. Déjà , en 1892, un conseiller municipal avait signalé que le quartier des Terres-Sainville  était un foyer d’infection.

En 1896, l’hôpital civil a été construit sur le domaine de l’Hermitage. Ainsi, l’aménagement de la ville s’est poursuivi et le paysage autour des Terres Sainville s’est ordonné. Les canaux de drainage, qui ceinturaient les quartiers de la ville, au-delà des boulevards d’enceinte, furent comblés. Cette disposition a été prise dans les années 1869-1870. ” On fit combler ces canaux et on les remplaça par des curettes ” selon le Père JANIN (1924), d’après une thèse complémentaire de l’histoire des aménagements de Fort-de-France. Le maire de la ville, Monsieur Ruelle avait  mis en vente les terrains ainsi dégagés.

En juillet de l’année 1870, Madame Trabaud vendit à la mairie un terrain, afin de transférer l’ancien cimetière. Avant 1900, en marge de la ville , les Terres Sainville présentaient alors l’image d’îlots de cases séparées par une végétation de zones marécageuses. Dans ces îlots vers la rivière ou plus exactement le long de celle-ci, les Lakou apparaissaient .
Jusqu’en 1904, le terrain dit des Terres-Sainville, la Trenelle ou Thébaudière,  est la propriété des héritiers Lacalle.

En décembre 1904, le terrain, suite à un jugement du Tribunal de Fort-de-France, en date du 16 janvier1904, est vendu aux enchères pour la somme de 100 000 francs. La propriété du faubourg Thébaudière administrée par Melle Marie de Berry. Sur ces terrains , s’élèvent de nombreuses constructions pauvres et les propriétaires des maisonnettes payent une redevance locative mensuelle aux propriétaires. Ce sont plus de 6000 personnes qui sont logées dans ce quartier , leur nom ne cessant d’augmenter depuis 1902, ce quartier accueillant particulièrement les réfugiés de la catastrophe de Saint-Pierre,  entrainant une augmentation du prix du loyer .

En 1904, Victor Sévère alors candidat à la mairie pour un second mandat, inscrit à son programme municipal l’expropriation du quartier. Après une longue procédure judiciaire, le 25 mai 1911, intervient le jugement sur requête du procureur de la République qui prononce l’expropriation du faubourg au profit de la commune .
L’horizon se dégage encore davantage pour la municipalité lorsque le 1er mai 1914, le Conseil d’Etat rejette les pouvoirs de la Société du faubourg Thébaudière .

La guerre et ses préoccupations immédiates éloignent des autorités , la question des Terres-Sainville, qui n’est définitivement réglée qu’en mai 1920, alors que Victor Sévère est momentanément éloigné de l’administration  municipale. Un terrain d’entente est trouvé et c’est finalement à l’amiable que la Société du faubourg Thébaudière cède à la commune , pour le prix de 1 850 000 francs, les Terres-Sainville. 
C’est Victor SEVERE, maire de Fort-de-France entre 1900 et 1945 qui, entreprit vers 1920 de faire assainir et aménager les Terres-Sainville. Les travaux d’assainissement du quartier et de la ville ont continué d’être menés pendant les mandatures successives du maire Aimé CESAIRE depuis 1945.

Progressivement les Terres-Sainville, de terre d’exode pour ceux des campagnes qui “descendaient en ville”, devaient devenir le plus grand quartier ouvrier et artisanal . 
Tandis que faillite et dépôt de bilan des grands planteurs se multipliaient dans les années 1880, ouvriers agricoles et d’usines, petits ruraux ruinés arrivaient en ville, en flot pressé et ininterrompu. La situation était devenue vite ingérable en matière d’habitats. Elle a empiré encore lorsqu’en 1902, la ville de Saint-Pierre a disparu. Une vague de réfugiés a été accueillie à Fort-de-France, on l’a estimée à 18.900 personnes. Ces dernières ont été dirigées sur plusieurs quartiers : Fond Lahayé, la Médaille et aux Terres Sainville. 

Aujourd’hui le quartier des Terres-Sainville est peuplé de près de 2000 habitants .

Il est situé au nord du centre ville de Fort de France, entre la Rivière Madame (appelée autrefois la rivière du petit Brésil) à l’Ouest, et la Rocade (RD 41) à l’Est et au Nord.

Aujourd’hui, avec une topographie plate, les rues de ce quartier sont rectilignes, perpendiculaires les unes aux autres. De faibles largeurs, elles sont toutes à sens unique avec généralement un stationnement unilatéral et un trottoir de chaque coté.

Source : Micheline Marlin-Godier – l’histoire de la ville de Fort-de-France de 1884 à 1914


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