la lessive du diable

La Lessive du diable

Raphaël Confiant
Roman caribéen
Parution en 2000

« En 1941, l’île de la Martinique, colonie française, passe brutalement à l’heure de Vichy. Pour ses habitants, l’ordre nouveau a un nom : celui de l’amiral Robert, représentant de Pétain.

C’est le début des années noires. Alors que l’île s’apprête à accueillir son nouveau maître, Mano, nègre-marron, ouvrier agricole, se rend coupable du meurtre d’un béké – un Blanc – propriétaire d’une plantation de canne à sucre. Ce geste n’a rien de politique.

Pourtant, recherché par la police, Mano est à la fois un criminel en fuite et, par la force des choses, un rebelle. Un  » dissident « . Car fuir la justice des hommes et l’ordre colonial, à la Martinique, c’est immanquablement chercher à passer à l’ennemi – l’une des îles des Caraïbes sous contrôle anglais.

Comment s’échapper de la barrière naturelle que dressent les récifs et les fûts de canne qui, depuis des siècles, font le malheur de tout un peuple ? Comment quitter la terre à laquelle on appartient sang et âme ? »

Mon avis

Ce récit se lit comme on écoute un conteur à la veillée. Écrite en 1979 en créole (sous le titre « Jik deyé do bondyé »), cette longue nouvelle est l’un des tous premiers textes du Martiniquais Raphaël Confiant, chantre de la créolité aux côtés de Jean Bernabé et de Patrick Chamoiseau. Il l’a traduit lui-même en français pour une publication en 2000 sous le titre « La lessive du diable ». A travers la fuite de Mano Lorrimer, nous assistons à une magnifique épopée consacrée aux pouvoirs libérateurs des mots à laquelle nous sommes conviés.

Ce roman est en quelque sorte une esquisse, dense et ramassée, contant un marronnage moderne, celui de Mano, nègre en fuite, pour avoir tué un contremaître béké qui abusait profondément de son pouvoir sur la plantation, au milieu des milices du très pétainiste amiral Robert, en charge des Antilles françaises.
« La lessive du Diable » raconte sa fuite, sous une forme narrative parfois difficile à suivre, mêlant harangues de conteur, souvenirs du jeune homme, et apartés relatives à des anecdodes par lesquelles s’expriment les souffrances et les humiliations subies par le peuple martiniquais sous le joug colonial.

Raphaël Confiant donne dans un premier temps l’impression de ne suivre aucun fil conducteur. Mais c’est peu à peu que les éléments de l’histoire se mettent en place, et que l’on reconstitue ainsi le parcours de Mano. J’ai savouré, le texte haut en couleur, empreint d’une poésie qui exprime avec force les sentiments de notre île longtemps brimée et méprisée.



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