snake

L’homme qui savait la langue des serpents

Andrus Kivirähk
Roman estonien
Parution en 2013

“Le roman, qui connaît un immense succès depuis sa parution en 2007 en Estonie, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d’un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter.”

Mon avis

L’Estonie, l’une des dernières région païennes d’Europe, a été conquise au début du XIIIe siècle, dans le cadre d’une croisade, par des chevaliers-prêtres allemands, ancêtres des chevaliers teutoniques, arrivés par la mer. Durant tout le Moyen-Age, l’élite est demeurée germanophone et très largement ecclésiastique (chevaliers-prêtres célibataires, moines et nonnes).
Dans les mythes nationalistes du XIXe et du XXe siècle, les Estoniens de la préhistoire, c’est à dire avant l’invasion allemande, vivaient unis, libres et heureux, en accord avec la nature à laquelle ils rendaient un culte. Ils étaient censés être “un peuple de la forêt” par opposition aux Occidentaux, peuples d’agriculteurs et aux cavaliers nomades des steppes orientales.

Depuis la christianisation, les estoniens, enfin de plus en plus, vivent dans des villages, les chevaliers dans des forts, et les moines dans des couvents fortifiés . Les villageois admirent et vénèrent ceux qui leur ont « apporté » le modernisme et la foi chrétienne. Un vrai village normal et moderne, est un village où les hommes chassent, labourent la terres et tissent des vêtements. Malheureusement, ils ont tous oublié la langue des serpents !

Leemet, homme de la forêt, est stupéfait par cette connerie humaine car il n’a qu’à siffler pour que les animaux lui obéissent et courbent l’échine pour se laisser tuer. En effet, « Ce qui est humiliant c’est d’avoir tout oublié, comme ces jeunes chevreuils et sangliers qui éclatent comme des vessies en entendant les ordres, ou ces villageois qui se mettent à dix pour attraper un seul animal. C’est la sottise qui est humiliante pas la sagesse. »

Afin de parler la langue des serpents, une langue enseignée par les serpents il faut tout d’abord muscler sa langue. Ce dur apprentissage a été enseigné à Leemet grâce à son oncle qui a fait de lui, le dernier homme à la pratiquer. Cet enseignement permet aux hommes de vivre en harmonie avec les mammifères. D’ailleurs son plus vieil ami le serpent Ints, tandis que sa sœur tombe amoureuse de Nounours, un grand ours de forêt qui aime flirter avec les belles jeunes femmes.
Malheureusement, son entourage quitte de plus en plus la foret pour les villages afin de jouir de la modernité. De ce faut Leemet devient le seul homme de la forêt.

Andrus Kivirähk parle de la solitude de celui qui a choisi de rester, d‘ailleurs la première phrase de ce livre est : « Il n’y a plus personne dans la forêt ». Il reste et ne comprend pas ceux qui sont partis au village, mais il est trop tard pour Leemet, depuis qu’il a appris et aimé la langue des serpents, il sait ou devine qu’il sera le dernier.

L’auteur manie avec aisance l’ironie, l’humour et les mythes nordiques pour que le lecteur puissent remettre en question certains aspect de notre actuelle société. Par exemple, en quoi une religion est meilleur que les autres croyances? Est ce que la modernité est elle toujours en harmonie avec la Nature? Dérivons nous vers la fanatisme religieux?

Ce livre est magnifique roman imprégné de scènes cruelles, fantastiques, drôles et philosophiques qui m’a donné envie de découvrir l’Estonie et prendre du recul face aux dérives de notre monde.


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