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Les diverses formes de commérages


Les Antillais dénoncent comme un travers très fréquent chez eux la tendance au commérage, soit le penchant à faire circuler des paroles médisantes et dévalorisante sur les autres. Celles-ci sont le fruit de la surveillance et dévalorisantes sur les autres. Celles-ci sont le fruit de la surveillance entre voisins, entre proches. Elles résultent autant de l’observation que de supputations variées.

Ces commérages, dont chacun fait les frais, sont comme une toile de fond obligée de la vie en groupe. Désagréables certes, ils sont sans grande conséquence sur les relations sociales établies surtout si on les compare à leur forme pernicieuse et aux désordres qu’ils induisent.

En effet, la surveillance entre voisins est forte, et donc la matière à commérage importante, et ce, d’autant que le comportement approprié, pour piéger de son propre défaut en exacerbent son envie et sa tendance à s’interroger sur le pourquoi et le comment de ce qui se passe chez autrui.

R.Abrahams a montré qu’il existe, à Saint-Vincent, une forme de commérage qui non seulement n’est pas rédhibitoire mais est plutôt recherchée. Il écrit :« …beaucoup d’individus, si leur activités n’ont pas été assez publiques, utiliseront le réseau du commérage pour parler de leurs propres affaires. Ils se sentent ainsi d’avantage membre, du réseau et de la communauté. Ce procédé s’appelle « histoires de nègres » (nigger business).

Ainsi, à Saint-Vincent comme à la Guadeloupe, à côté des commérages souhaités par les individus qui en sont l’objet, et en comparaison avec d’autres qui sont tolérés par les personnes qui en font les frais, il existe une forme pernicieuse de ce même phénomène. R.Abrahams et R.Bauman montrent qu’une forme nuire ou de déclancher des dipsutes.

En revanche, d’autres commérages sont, sciemment, émis pour médire; en outre ils visent à semer la discorde, à blesser, à faire du tort. Dans un texte antérieur, R.Abrahams est plus explicite sur les conséquences néfastes de ces commérages, il écrit: ».…Si on demande sans détour à un habitant de Saint-Vincent s’il est favorable au commérage, il répondra que cette activité n’est d’aucune valeur, qu’elle provoque des rixes, fomente la rancune et, à l’intérieur de la famille, de la communauté, sème la discordes. Mais l’interlocuteur répondra aussi que le commérage est inévitable, étant une inclination innée des personnes, surtout des Noirs ».

Quant à la pratique du commérage, dont tout un chacun se plaint, elle est considérée comme une activité encre davantage développée au sein de la population antillaise qu’ailleurs. Néanmoins, contrairement à la jalousie le commérage ne fait l’objet d’aucun proverbe.

Une jeune Guadeloupéenne me décrivait les ravages du commérage dans des termes quasi semblables à ceux des habitants de Saint-Vincent : « Le cancan ça détruit tout, les amis, la famille, le pays ». déplorait-elle.
Revenons au « commérage pernicieux » relevé par les anthropologues américains comme R.Abrahams et R.Bauman. Il se distingue de la version ordinaire du même acte de parole à propos duquel R.Abrahams écrit : »Le commérage est seulement considéré comme une des nombreuses activités inévitables de la vie quotidienne ».

Aux Antilles françaises tous les commérages sont appelés cancan en créole. La forme pernicieuse de ce phénomène est seulement qualifiée de gros cancan ou de vrai cancan.

Une ethnographie des conflits aux Antilles de Christiane Bougerol


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