chien

Le chien dans la société créole

Pendant toute cette période (1660 à 1848), les esclaves étaient soumis à des conditions de vie très rudes, souvent inhumaines. N’étant pas libres de leurs déplacements, ils étaient étroitement surveillés par leur propriétaire, eux même aidés de chiens d’attaque. Le chien était l’auxiliaire des maîtres pour la surveillance des ateliers et pour la chasse aux esclaves en fuite. Le terme « marron » ou « nègre marron » a été attribué aux fugitifs.

Pendant toute la période de l’esclavage, la relation entre l’esclave et le chien n’a été qu’un rapport de violence, alimenté par des sentiments de haine nés de la peur. Cette utilisation des chiens est restée cruellement présente dans la mémoire collective. Des chiens, souvent déjà rencontrés et craints dès l’embarquement en Afrique.

Les superstitions

Les contes et légendes créoles montrent combien l’animal est au centre du fantastique. Il est, par conséquent, un acteur très présent dans les superstitions qui pullulent en Martinique. Le chien y trouve naturellement sa place.

Les légendes antillaises évoquent des chiens créoles qui seraient des âmes maléfiques de gens morts qui ne réussiraient pas à rejoindre l’au delà. Là encore, on retrouve le sentiment de peur qu’ils suscitent.
D’autres superstitions attribuent à quelques chiens des qualités particulières. Ainsi, le « chien fer » détiendrait des pouvoirs magiques. De nos jours, certains disent qu’il est bon d’en un avoir un attaché devant sa maison pour éloigner les mauvais esprits. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Pendant longtemps, cette race a été crainte et pourchassée à cause de son aspect général et de ses prétendus pouvoirs mystiques.

Les proverbes

La profusion de proverbes mettant en scène le chien montre bien la grande place qu’il occupe aussi bien dans l’imaginaire que dans la vie des martiniquais. Sentiments, comportements, défauts, qualités, sont sous entendus avec des expressions très imagées, souvent pleines d’humour. Ils peuvent varier en fonction du contexte dans lequel le proverbe est énoncé.

« bien épi chyen, canari couvè » : soyez bien avec votre chien, mais gardez votre marmite couverte. Pour inviter à la méfiance, à la prudence.

« tiré chik an pié chyen, i ka mandé’w kous kouri » :Enlevez ses chiques au pied du chien , il vous défiera à la course : utilisé pour parler d’ingratitude..

« fok ou flaté chyen avan ou rivé bo an pil roch » : Il faut amadouer le chien tant qu’on n’est pas arrivé à coté d’un tas de pierres. Il faut savoir courber le dos avant d’être en position de force. Pour faire allusion à la ruse, la prudence, la patience.

« chyen pa ka palé, cé pou yo pa bay fè konmission » : Si le chien ne parle pas, c’est pour qu’on ne le sollicite pas : Pour décrire les individualistes, casaniers, égoïstes.

« chyen pa lé ban-nan, mé i pa lé poul la pren’y » : le chien ne veut pas de banane, mais il ne veut pas que la poule la prenne. Se dit pour les égoïstes. Egalement pour ceux qui font preuve de toupet.

Pawol pou Chien

Adjectif qualificatif : Cet adjectif a lui-même deux significations :

1) employé pour exprimer le nombre, l’ampleur, la multitude.
– Moun ka fé chyen : Il y a beaucoup de monde,
Musik ka fé chyen : Il y a beaucoup de musique.

2) employé pour dévaloriser l’objet auquel il s’applique.
– Yo en chyen : Ils ne valent rien
– Bitin la en chyen : Cette chose ne vaut rien.

Sources:
Le chien dans la société martiniquaise par Claude Vilo
Nos racines créoles : les origines, la vie et les moeurs de Pierre Bonnet


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