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Au Rwanda, la femmes doit jouir!


Kunyaza est un mot qui est associé à la femme et à son plaisir lors de l’acte sexuel au Rwanda. Dans ce pays, l’éducation sexuelle traditionnelle favorise l’éjaculation féminine. Ces pratiques subsistent toujours malgré le combat de l’église.

Une pratique issue d’une légende locale

Il était une fois, au Rwanda, une reine terriblement frustrée par les guerres qui retenaient son époux loin de la chambre à coucher. Au point qu’elle dut se résoudre à faire appel à un serviteur pour la contenter. Craignant des représailles du monarque, ledit serviteur approcha son pénis tremblant du clitoris de la reine, provoquant aussitôt un royal jaillissement. Le kunyaza était né et n’allait pas tarder à se répandre au pays des Mille Collines. Selon l’une des nombreuses variantes de ce conte populaire rwandais, cet épisode aurait même donné naissance à l’immense lac Kivu.

En effet, l’éjaculation féminine est traditionnellement recherchée lors d’un rapport sexuel au Rwanda : elle est signe de fertilité, d’épanouissement et de bonheur conjugal.

Une règle traditionnelle

Préparer les femmes à l’obtenir fait même partie de l’éducation classique en vue du mariage. Le gukuna, coutume supervisée par la tante paternelle, consiste en une série de massages réciproques et intimes entre jeunes filles pour étirer progressivement les petites lèvres. À terme, les petites lèvres dépassent des grandes, ce qui augmente la sensibilité et favorise l’éjaculation féminine.
Cette pratique était autrefois si important qu’un mariage pouvait être annulé s’il n’avait pas été fait dans les règles de l’art, au même titre qu’un défaut de virginité.

Le combat de l’église

C’est à l’époux que revient ensuite de pratiquer le kunyaza : en principe assis face à sa compagne, il utilise son sexe pour lui tapoter le clitoris jusqu’au fameux jaillissement. Ceux qui l’ont vécu en gardent souvent un souvenir ému, voire lyrique. Certaines femmes s’épanouissent au point de pousser des cris qui font sourire tout le voisinage.

Aujourd’hui, la prévalence du gukuna est difficile à estimer. Certains affirment que la pratique connaît une renaissance en dépit de l’hostilité des prêtres catholiques. « Le clergé assimile le gukuna à de la masturbation entre filles et donc à un péché, explique Michela Fusaschi, chercheuse italienne qui a beaucoup travaillé sur le sujet ». En réalité, même s’il peut y avoir du plaisir, ce n’est pas l’objectif. C’est même assez douloureux, les premières fois.

Un film documentaire

L’Eau sacrée d’Oliver Jourdain part à la rencontre de la sexualité rwandaise, en quête de l’eau sacrée, celle qui jaillit du corps des femmes. Guidé par Vestine, star extravagante des nuits radiophoniques, le film nous dévoile avec humour et spontanéité le mystère de l’éjaculation féminine.
Les Rwandais seraient-ils les héritiers d’une autre façon de faire l’amour ? Le plaisir féminin y est-il vraiment central ? Mais bien au-delà de la découverte de ces pratiques sexuelles, c’est de paroles, de partage, de transmission dont il s’agit. L’Eau sacrée dresse le portrait intime d’un pays et de son rapport à ses traditions.

Sources:
Arte
-Slate


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