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Le Fa, une géomancie divinatoire


L’origine de la Géomancie, nul ne peut l’affirmer avec certitude. Ce qui est certain, c’est que d’autres civilisations antérieures à la nôtre l’ont connue et pratiquée avant nous.

GRIMAUD, auteur de la «Carte de divination Géomancique», écrivait à juste titre au sujet de cette science en ces termes:

 »La Géomancie est la science intuitive et divinatoire la plus ancienne du monde. Elle est aussi vieille que l’astrologie. Trois mille ans avant notre ère, l’empereur chinois FOHI écrivait un ouvrage :le VHI KING dans lequel il étudia, entre autres, les significations des soixante quatre figures obtenues en combinant six lignes de un ou deux points. Etant déjà parfaitement connue à cette époque, on peut assurer que la Géomancie a plus de cinq mille ans d’existence »

Ce qui semble absolument juste, car si la Bible fait mention de la science des nombres, (Apoc.13, verset 17-18 et Apoc. 17 verset 9), c’est que cette science est parfaitement connue à cette époque antérieure à notre ère. Cependant, une refloraison de cette science a eu lieu, à l’ époque du grand développement culturel qui a surgi au levant (Moyen orient) au Vlll ème et au IX ème siècle de notre ère.

Les Origines

Si l’origine des figures géomantiques demeure sujet à débat, la thèse la plus probable est qu’elles aient fait leur apparition dans l’Egypte antique, et bien que certains veuillent trouver leur berceau ailleurs, il n’existe que des indices allant dans ce sens. Ce qui est certain, c’est que leur usage s’est répandu, lors de l’expansion de l’Islam, à l’ouest de l’Afrique où la géomancie est connue sous le nom d’Ifa, et au Dahomey sous le nom de Fa.

En outre, la géomancie a traversé la mer Rouge pour arriver à Madagascar où elle est devenue le Sikidy, tout en gagnant par ailleurs le nord de l’Espagne pour donner naissance à la géomancie européenne. Quant aux États-Unis, ils furent à la fois peuplés d’Européens et d’esclaves africains qui ont chacun apporté leurs propres cultures avec eux.

Tout récemment encore, Robert JAULIN, dans son ouvrage : « La Géomancie, analyse formelle » , écrit ce qui suit :

« Ce que nous savons par ailleurs, de l’introduction des sciences divinatoires à fondement arithmétique, de la numérique mystique ou des connaissances relatives à la « personnalité » des nombres dans le monde arabe laisse penser que la Géomancie fut portée par ce courant et qu’elle en fait partie, corrélativement à la propagation de l’Islam, c’est-à-dire dès le VIIè siècle ; mais surtout à partir du VIIIè siècle, un effort d’information considérable fut fait et un très grand nombre d’ouvrages indiens, grecs ou méditerranéen furent traduits en arabe.

Le monde musulman assimila ainsi, puis développa les travaux d’origine sumérienne et égyptienne, auxquels nous sommes redevables des nombres entiers, puis rationnels et irrationnels et des opérations élémentaires sur les nombres, ainsi que d’autres travaux plus théoriques d’origine grecque particulièrement le pythagorisme et ses produits babyloniens et indiens ».

Le début de la géomancie africaine

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Ainsi donc, de son origine mémorable, depuis des rivages lointains, la Géomancie, de génération en génération, va de continent en continent et de peuple en peuple grâce aux guerres, aux conquêtes, aux invasions et au développement de la civilisation. Aussi, c’est ce désir d’expansion des peuples alors civilisés qui, entraînant les conquêtes, les guerres et les invasions avec pour conséquence l’interpénétration des peuples, amèneront cette science jusqu’au Dahomey vers le XVIIè siècle vraisemblablement par deux voies.

La traite des esclaves provoquera de grands courants de personnes sur nos côtes, avec Ouidah comme ouverture principale sur le monde occidental, les portugais et les espagnols d’une part, et d’autre part, nos frictions, autrement dit nos guerres avec notre voisin immédiat le Nigéria, terre de prédilection où la Géomancie, grâce à l’islam, connaissait déjà son apogée. Mais avant nous, elle aurait déjà atteint d’autres pays de notre continent, par exemple le Soudan, le Tchad et même la grande île, Madagascar, par des sémites commerçants non musulmans, parlant et écrivant l’arabe, vers le XJè siècle et là on la pratiquait sous le nom de SIDIKI.

La Géomancie issue de l’occultisme, c’est-à-dire des sciences secrètes, sa transmission, son enseignement et sa diffusion revêtent ce caractère secret. Et comme toutes les sciences du genre, elle a été transmise de bouche à oreille, d’initié à initié, du maître à l’adepte, de société à société et de secte à
secte. Ce qui a eu pour conséquence regrettable toutefois la rareté des écrits ou l’absence d’archives à son sujet, et l’abondance des légendes, contes, anecdotes et proverbes qui constituent les meilleurs véhicules et agents de diffusion, puis de transmissions orales.

Interprétation du Fa

La géomancie, telle qu’elle est pratiquée au Bénin, et plus particulièrement dans cette région de l’Afrique, contrairement à la méthode européenne, met immédiatement à la disposition des bokonons, tous les moyens pratiques d’action occulte.
A chaque signe correspont des divinités (dieux ou fétiches) précises auxquelles il faut s’adresser, s’agissant des cérémonies, prières, sacrifices (vôssissas ou adras).
De même, chaque signe a ses correspondances élémentaires particulières : perles, roches, feuilles ou plantes, en un mot tous les éléments devant entrer dans les compositions cérémoniales, rituelles ou sacrificielles.

Les combinaisons

A chaque combinaison correspond des vers (« ese » en yoruba) qui racontent une histoire mythologique, un conte, une chanson, un proverbe, une devinette… sur lesquels le devin va se baser pour réaliser son interprétation. 
La tradition affirme qu’il y aurait 16 vers par combinaison odu/dou du Fa, ce qui fait au total un corpus conséquent de plus de 4096 vers. En d’autres termes lorsqu’une question est posée à un babalawo (devin), il existe 4096 réponses possibles, soit autant de poèmes qui devront être interprétés par le devin pour donner une réponse. Un bon devin est supposé en avoir mémorisé le plus possible.

Il est cependant admis qu’il est possible de tirer l’Ifa et de réaliser des prédictions correctes en ne connaissant que quatre vers essentiels par odu/dou. Les consultants peuvent demander une divination du Fa pour des raisons diverses et variées : se faire prédire son avenir, connaître le sort de proches passés dans l’au-delà ou trouver une solution à un souci de santé, un manque d’argent, un conflit, des problèmes conjugaux. La divination d’Ifa était anciennement utilisée avant chaque prise de décision importante.

Selon la légende, Oluda, le premier roi (Oni) d’Ifa eut seize fils qui fondèrent les seize royaumes yorubas. Orunmila apprit l’art de la divination aux seize fils qui la transmirent à leurs successeurs les Babalawos (les devins ou prêtres d’Ifa). Le seize représente les seize possibilités de vie humaine. Ces seize principes appelés Odu ou Oladu, eurent à leur tour seize fils chacun représentant ainsi 256 possibilités de vie humaine. Chaque possibilité (odu) possède seize poèmes (ese) qui transmettent des indices pour les séances de divination, ce qui donne finalement 4096 scénarii possibles.

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Au total il y a seize (16) maisons géomanciques et seize (16) signes principaux. La passation des seize signes dans les seize maisons géomanciques donne un total de 256 (deux cent cinquante six) signes.  Ainsi, le Fa est non seulement un art, mais il est surtout un livre ouvert sur la vie.
Les prêtes de l’Ifa ou du Fa, les Babalawo chez les Yoruba, ou Bokono chez les Fons, sont à la fois des diagnosticiens, des prescripteurs, des psychologues et des psychiatres. Ce sont de grands érudits qui  savent écouter et aider les humains à régler leurs problèmes de santé, d’emploi, de couple, de promotion, de travail,  de paix, de bonheur et d’amour.

Les éléments constitutifs de la géomancie béninoise sont :
– Les maisons géomanciques
– Et les signes géomanciques
Il y a seize maisons géomanciques et seize signes principaux. Il ne peut pas y avoir plus. La passation des seize signes dans les seize maisons géomanciques donne un total de deux cent cinquante six signes se décomposant comme suit :
Seize signe-mères qu’on appelle « Dougan » ou « Dou-mêdji ». Ils sont également les représentants des maisons et deux cent quarante signes secondaires appelés « Vikando » ou « Douvi. »

Exemple

Un exemple pour illustrer et permettre de comprendre ce qui vient d’être exposé ci-dessus:

GBE-MEDJI, premier signe géomancique est régi et gouverné par Dan. Cette divinité est le dieu de la mer et par conséquent de l’eau. Sa feuille préférée est «AFFAMA» et sa couleur: le blanc.
Aussi, à chaque fois que «GBE MEDI» apparaîtra comme signe géomancique au cours d’une consultation, indiquera-t-il des sacrifices «VÔssissas ou adras» à faire à cette divinité de l’eau qu’est le fétiche DAN, lequel est donc l’esprit de la matière eau.

C’est son Dieu. Cette matière est régie et gouverné par ce Dieu là. Aussi, tout sacrifice (vôssissas, cérémonie ou prière), adressé à lui et accepté par cet esprit appelé fétiche ou dieu, aura un effet salutaire ou non, bénéfique ou maléfique selon sa nature, sur l’individu ou toute autre chose dont il aura la charge. Il en sera de même pour chaque signe dont le fétiche ou dieu duquel il dépend, n’est autre que celui de sa prédominance élémentaire.

Les quatre éléments composant la géomancie sont régis et gouvernés par les divinités ou fétiches suivantes :
• Le Feu : Placé sous l’égide de «Hêbiosso», dieu du ciel, du ton nere et de la foudre, donc du feu ;
• L’Air : Commandé par «Lissa-kpôvodoun» et «tohiyo» ;
• L’Eau: Dominé par«Dan-Tohossou» ou «Tôvodoun», dieu de l’eau;
• La Terre: Régie et gouvernée par «Sakpata», esprit et dieu de la terre et ses dérivés, notamment « Nà- Kennessi ».

Ainsi, sont nés les fétiches ou divinités. De là, chaque signe géomancique issu de l’esprit et de la matière dont il est la synthèse, sera dirigé par l’esprit de cette matière que nous appelons « fétiche » ou « dieu ».

Signification des signes

Dans la région du Bénin, il y a 16 signes. Nous allons aborder que les 3 premiers signes:

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Premier signe: Ogbe ou Gbe-Medji.

Schéma:
I
I
I
I

Sexe: Masculin – Signe de jour

Nature: Eau – Bénéfique légèrement défavorable

Jour: Jeudi

Couleur: Blanc

Correspondance astrologique: Cancer

Planète: Lune

Caractère: Gouts ordinaires et simples. Inconstance, irréfléchi, imagination, timidité, inertie. Implique l’idée de pénétration et de recherche en profondeur. Tendance au découragement et manque de scrupules. Prudence dans les affaires d’argent. Libéral et plaisant, mais un peu paresseux. Médiumité, mobilité d’esprit aimant des voyages, les déplacements.

Mental: Esprit léger, étourdi, capricieux et bavard sans grannde consistance. Calculateur sans ténacité. Indécision, impressionnabilité.

Organe: Intestins.

Maladie: Diarrhées, anémies, agitation stérile et fatigante, odorat, oeil gauche, intestins et tous les maux qui s’y rapportent. Dépression.

Interdits: Celui qui est né sous ce signe (ou qui a trouvé au fazun ce signe) ne doit pas :
– boire de vin de palme (Atan) ou l’alcool
– manger la chair du chien, du léopard, de l’éléphant, la viande du coq.

Commentaires: Né dans Gbé, l’homme connaîtra un peu de souffrance, agira mal après avoir fait une bonne action. Il sera d’une audace particulière et d’une grande autorité. Il sera un bon guerrier ou lutteur. Riche, il connaîtra ou aura beaucoup de gloire et réussira dans tout ce qu’il entreprendra. Il sera juste, honnête et très fort. Il perdra une ou plusieurs filles et si c’est une femme, l’un de ses fils mourra. Il sera égoïste, mais d’une grande renommée.

Deuxième signe: Yekou ou Yekou-Medji.

Schéma:
I I
I I
I I
I I

Sexe : féminin ou femelle.

Nature: Eau – Maléfique

Jour: Lundi

Couleur: Noir

Correspondance astrologique: Cancer

Planète: Lune

Caractère: Capricieux, honnête et actif, accommodant mais indiscret. Bavard et moqueur, peu sentimental, inconstant et passif, soumis, se laissant entraîner sans réfléchir. Décevant, sournois, hypocrite, aimant faire des choses en cachette. Porté à l’adultère ou à l’union double. Parfois prostitution

Mental: Sens des foules et du calcul.

Organe: Thorax

Maladie: Rhumes, bronchites, refroidissement, odorat, estomac. Poumons, troubles de nutrition, tumeurs cancéreuses, risques de noyade ou asphyxie.

Interdits: Ne doit pas manger la viande de bêtes ou d’oiseaux crevés(non tués), ni viande ni toute nourriture offerte en sacrifice aux ancêtres. Ne pas manger le fruit noir fo. Ne doit ni boire le vin de palme, ni porter un pagne noir. Ne pas enfumer ou brûler les fourmis noires, ne pas les utiliser pour des sacrifices, des épines ou du bois d’un arbre à épines.
En outre, la viande de chat et de coq lui est interdit.

Commentaires: Celui qui naît sous ce signe respecte la parole donnée. On peut lui faire confiance, mais il est bavard et indiscret. Très intelligent, il aura la gloire et l’honneur. Aussi, sera-t-il populaire, mais connaîtra des déceptions. Grand voyageur, il passera très peu de temps dans ville natale. Turbulent et fort, il aura une longue vie mais sera souvent malade.

Troisième signe: Woli ou Woli-Medji

Schéma:
I I
I
I
I I

Sexe: Masculin – Signe du jour

Nature: Terre – Neutre, favorable

Jour: Mercredi

Couleur: Marron tirant sur le rouge

Correspondance astrologique: Gémeaux

Planète: Mercure

Caractère: Honnête, obéissant, un peu timide. Etourderie et superficialité. Pénétration d’esprit, conception pratique permettant un jugement rapide de la valeur exacte des gens et des choses. Souplesse, argumentation et savoir-faire. Adaptabilité.

Mental: Subtilité d’esprit. Apte à tout faire, éloquence, ingéniosité. Aptitude pour écrire.

Organe: Système nerveux, poumons, oreilles et intestins

Maladies: Maladies des voies respiratoires, du système nerveux et des intestins. Morsures d’animaux.

Interdits: Tout animal trouvé mort ou tué par décapitation, pâte faite avec les feuilles de haricot et de farine de maïs, consommation du vin de palme, l’usage de la chair ou viande du chien, de la girafe, de l’hyène, d’éléphant et de coq commun à tous les signes.

Commentaires:

L’homme né sous le signe de Woli gagnera l’estime de tout le monde. Sa vie sera très rude pendant son enfance et très éclatante quand il grandira, avec un emploi très brillant. Ses projets seront souvent réalisés et il cherchera à pratiquer toutes les religions. Son autorité sera incontestable sur sa famille. Il occupera une place de choix dans sa famille et sa ville natale.

La pratique du Fa

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La pratique de l’Ifa repose soit sur l’utilisation de 16 noix sacrées et de la planche d’Ifa (grand jeu) ou du chapelet divinatoire, « l’Opèlè » et un plateau de divination nommé : « ọpọn ifá » en yoruba (le petit jeu).
Le chapelet est  constitué de 8 semi-amandes de pommes cannelles consacrées et enfilées sur une ficelle d’une certaine longueur et nommée « ọpẹlẹ » en yoruba ou « agumaga » en fon. Il est tenu par le milieu de sorte à former deux branches, mâle et femelle, constituée chacune de 4 demi-amandes. Quelle que soit la méthode utilisée, la transcription de l’oracle est la même.

Avec le chapelet, pour obtenir une réponse conséquente, la consultation nécessite trois lancements, un lancement principal et deux complémentaires. Pour chaque opération, le prêtre d’Ifa, le Babalawo réalise un lancement du chapelet après un rituel donné.
Selon que les demi-noix retombent  sur la partie concave (ouverte) ou convexe (fermée), il transcrit  le signe apparu sur le plateau de divination  par une valeur simple : I (position ouverte) ou double : II (position fermée).

Ainsi, chacune des deux branches du chapelet peut présenter l’une quelconque des 16 combinaisons possibles ci-dessous ou combinaisons de base ou figure mère de l’oracle Ifa.

Les 16 figures mères fondamentales d’Ifa, avec leur nom en yoruba et en fon.

L’ordre dans lequel elles sont données est celui-ci accepté par la majorité des devins d’Afrique de l’Ouest, même s’il peut exister de petites variations selon les régions

Le chapelet ayant deux branches,  l’assemblage des deux colonnes donne une  combinaison 16 x 16, soit 256 combinaisons (odu)  en yorouba ou (dou)  en fon  qui représentent les 256 possibilités de vies humaines. Le nom de chacune des 256 combinaisons est construit à partir des deux figures mères qui la composent, la colonne de droite en premier car elle est considérée comme plus puissante et plus déterminante, elle représente le signe même, tandis que la colonne de gauche représente la maison. Lorsque les deux colonnes sont identiques, on parle de figure meji (double). Il en existe 16 qui représentent les 16 maisons géomanciques.

Les bienfaits

Quels sont les autres bienfaits du Fa pour la société ?

Il y a beaucoup d’autres aspects parce que le Fa, à part son caractère visionnaire, est également un conseiller par excellence. Le Fa est également « médecin » parce que rien qu’à partir des tracés du Fa, nous pouvons guérir les maladies les plus élémentaires qui se présentent à nous. Il y a d’autres potentialités sur le plan de la prospérité. Nous avons beaucoup de vertus du Fa que nous pouvons utiliser pour harmoniser le foyer, pour retrouver un emploi, pour faire prospérer une société, pour assurer sa protection et son autodéfense. C’est un gisement de potentialités.

Le Fa aide l’homme auquel il se reflète à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse. A la grande noces des civilisations, que laisse présager la nouvelle ère au début de laquelle nous sommes, l’Afrique des traditions ésotériques aura beaucoup à apporter l’humanité.

Au stade actuel de l’évolution de l’humanité, l’homme a besoin de savoir pour agir et le Fa est la seule science divinatoire actuelle pouvant révéler l’avenir tout en se proposant d’aider l’homme à y faire face par des moyens appropriés. Par le Fa et à travers le Fa s’ouvrent à l’homme de nouvelles perspectives, il peut sinon changer son destin ou du moins le modifier dans le sens du mieux pour mieux se connaître et mieux s’assumer.

Les dangers du Fa

Il n’y a aucun danger si les rituels sont bien respectés.

Les dérives de la consultation de l’Ifa ou du Fa :

L’Ifa ou Fa, prospecte tous les domaines de la vie sociale de l’individu : naissance, difficultés d’accouchement, travail, emploi, entreprise quelconque, mariage, vie du foyer, décès,  etc.  Il aide l’homme qui se réfère à lui à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse, en suivant les conseils de l’oracle et en réalisant les sacrifices rituels, généralement modestes, prescrits. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

Toutefois, la consultation d’Ifa est bénéfique et sans risque pour quiconque qui s’en réfère, à condition, sous entendu, d’exécuter les sacrifices prescrits. A la réflexion, théoriquement, le risque est de subir des dommages ou d’affronter des obstacles évitables et contre lesquels l’oracle vous aura prévenu.

Mais en réalité le risque semble plus grand que cet aspect. Il est écrit que tu ne tenteras pas l’Eternel ton Dieu et consulter sans sacrifier apparaît comme une forme de défi de la divinité du destin.

Ou s’arrête la colère de la divinité, ou commence les représailles possibles des prêtres d’Ifa ‘babalawo et bokonon)  qui ont officié la consultation et pour qui cela représente un manque à gagner ?
Seules la probité et  l’intégrité de ces distingués hommes peuvent en faire foi.  Aussi faut-il être bien conseillé pour ne pas tomber sur les faux dévots, nombreux dans la profession et qui font le business d’Ifa et les vrais maîtres pour qui l’aspect financier est secondaire.

Est-ce à dire que seul le Bokono peut donner le Fa ?

D’abord lorsqu’on parle de tradition, je veux qu’on s’entende sur le fait qu’il s’agit bien de la tradition évolutive. Un guérisseur traditionnel doit consulter le Fa avant de traiter n’importe quelle maladie avec les feuilles. Le Fa peut lui dire OUI comme il peut dire NON.

Quelqu’un peut attraper une maladie des suites d’une malédiction ou parce qu’il a été incorrect avec une personne âgée. Dans le premier cas, des feuilles peuvent le guérir. Mais dans le second cas, seul un repenti sincère peut le guérir. C’est le Fa qui détermine tout cela. Je vous donne l’exemple d’un jeune homme qui s’est rendu chez un guérisseur traditionnel parce qu’il avait des maux de tête. Après avoir consulté le Fa, le guérisseur lui a dit qu’aucun médicament ne peut le guérir.

Tout ce qu’il a à faire, c’est de retourner à la maison demander pardon à sa mère qu’il a offensée, ou alors il ne guérira jamais. Aucun vodounno ne peut installer son vodoun sans consulter le Fa. Vodoun est composé de deux mots : le Vau qui signifie le Fètomè, la maison de Dieu et le Edou qui qui signifie Fa, dans le langage Evé. Le vodounno consulte donc le Fa qui lui dit le signe sous lequel il doit installer son vodoun. Les vodounno et les guérisseurs traditionnels ne peuvent donc exercer sans consulter au préalable le Fa.

Y a-t-il des femmes Bokonons ?

Oui, mais elles sont en nombre très réduit. Ceci parce qu’il y a des endroits où une femme en âge de procréer ne peut aller. Lorsque vous mettez les pieds dans ces milieux, vous n’aurez plus jamais d’enfants. Il y a des choses que la femme en période de menstruation ne doit pas faire. C’est pour cette raison qu’on exige que la femme atteigne un certain âge avant d’être Bokonon. Mais la femme peut prendre le Fâ. Elle peut aller dans la forêt de Fâ et connaître son Dou.

L’avenir

Le Fa aide l’homme auquel il se reflète à mieux se comprendre et entrevoir le destin au travers d’une vision plus lumineuse. Ce qui pourrait l’aider à agir sur tous les plans avec plus de sciences, d’efficacité et de sagesse.

A la grande noce des civilisations, que laisse présager la nouvelle ère au début de laquelle nous sommes, l’Afrique des traditions ésotériques aura beaucoup à apporter l’humanité. Au stade actuel de l’évolution de l’humanité, l’homme a besoin de savoir pour agir et le Fa est la seule science divinatoire actuelle pouvant révéler l’avenir tout en se proposant d’aider l’homme à y faire face par des moyens appropriés.
Par le Fa et à travers le Fa s’ouvrent à l’homme de nouvelles perspectives, il peut sinon changer son destin ou du moins le modifier dans le sens du mieux pour mieux se connaître et mieux s’assumer. 

A-t-on forcément besoin de prédire l’avenir ?

On ne peut pas naviguer à vue. Il faut prévoir l’avenir. Aujourd’hui, on fait des prévisions dans les domaines scientifique, climatique et autres. Même dans les cinquante prochaines années, il faut connaître l’avenir afin de prendre les mesures qui s’imposent.

Source:
Le Fa une géomancie divinatoire du golfe du Bénin de Rémy T. Hounwanou


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2 commentaires pour “Le Fa, une géomancie divinatoire”

  1. Grand merci pour cette valorisation que vous pensez à nos richesses.merci infiniment surtout pour les scientifiques ayant cette pensée . Je dis cela, car je suis aussi un jeune qui se trouve dans le domaine . Je trouve toujours les realités que nous apportent le Fa dans notre vie ou dans la société . Merci et encore merci .

  2. J’ai besoin du fa

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