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Remèdes créoles et la maternité

Dans la tradition créole, les plantes servent à la fois à soigner mais également à prévenir des maladies à travers l’alimentation. Contrairement aux médicaments, les plantes nous apportent une multitude de composés aux effets thérapeutiques complémentaires.
Malgré sa richesse et fruit d’un grand métissage de cultures, la pharmacopée caribéenne peine à être reconnue. Ce n’est qu’en 2013 que 46 plantes de la Guadeloupe, de la Martinique (et de la Réunion) entrent dans la pharmacopée nationale.

Les plantes représentent parfois un danger car elle ne sont pas toutes bonnes à prendre et ce particulièrement à certains moments de notre vie comme la grossesse. Il convient donc d’être prudent dans leur utilisation. Par précaution, on conseille de ne pas prendre de tisanes durant le premier trimestre de grossesse

Dans la médecine traditionnelle créole, le corps et les maladies ont une représentation très différente de la médecine occidentale. On considère le corps dans un équilibre entre le « chaud » et le « froid ». On réchauffe un corps qui s’est « refroidi » avec des plantes « réchauffantes » (thé = tisane) et on rafraîchit un corps trop « chaud » avec des plantes « rafraîchissantes » (tisane = macération)

De ce fait, la femme enceinte aura tendance à être dans un état « chaud » : (œdème, constipation, hyper-tension…) et qu’il convient pour prévenir de ses maux de se « rafraîchir » et donc de trouver ces plantes « rafraîchissantes ». Les tisanes rafraîchissante fonctionne comme un dépuratif et « nettoie en dedans ».

Les plantes compagne de la maternité

Autrefois, aux Antilles, c’était les matrones qui détenaient le savoirs de la grossesse, de l’accouchement, des soins donnés à la mère et au bébé. Les dernières qui exerçaient, l’ont fait illégalement jusque dans les années 60. Elles utilisaient des plantes ou préparation à base de plantes durant la grossesse (tisanes rafraîchissantes), durant l’accouchement (thés chauffants) et en post-natal pour un puissant nettoyage que ce soit de la mère ou de l’enfant.
Certaines plantes déconseillées durant la grossesse peuvent être utilisées dans certaines conditions exceptionnelles, c’est le cas des plantes qui peuvent provoquer l’accouchement.

L’eau de coco

Les bienfaits de l'eau de coco | Fourchette & Bikini

L’eau de coco est traditionnellement la boisson de référence durant la grossesse. Elle lutte contre l’état « inflammée » de la femme enceinte. Elle a en effet des vertus diurétiques et aide la digestion. Elle peut même avoir des effets laxatifs à forte dose. Très riche en minéraux et vitamines, elle aide les fonctions nerveuses, cardiaques et rénales de notre corps.

Elle est bien plus riche en minéraux que l’eau minéral. Elle contient une grande quantité de vitamines du complexe B, de minéraux (potassium, magnésium, calcium, sodium et phosphore) et d’oligo-éléments, (zinc, sélénium, iode et soufre).
Alcalinisant, elle permet de freiner l’action des radicaux libres. Une noix de coco contient environ 30cL d’eau de coco dont 95% d’eau, cela dépend de sa maturité et de la variété.

L’eau de coco renforce le système immunitaire, elle a des propriétés antifongiques, antivirales et antibactériennes. Elle contient notamment de l’acide laurique utilisé contre la candidose et l’herpès. On peut imaginer qu’elle peut aider à se préserver de certaines maladies.

Consoude (symphytum officinale)

Symphytum Officinale

En cas de règles douloureuses, l’infusion de feuilles de consoude à 30g/L est utilisée 3 fois par jour les 2 premiers jours des règles. La consoude tonifie l’utérus et présente des propriétés anti-inflammatoire et antalgique (Longuefosse, 2010).
Cette plante est à utiliser en interne avec précaution: quelques jours seulement ! On ne l’utilisera donc pas durant la grossesse !

Traditionnellement, dès le début du travail, la matrone donnait à la future mère des thés chauds de consoude auxquels étaient ajoutés : vin rouge, cannelle et cacahuètes. Ceci avait pour but de rapprocher les contractions et de « réchauffer » la mère. En cas de déchirure du périnée ou d’épisiotomie, la consoude peut être d’un grand secours. Les feuilles contiennent de l’allantoïne aux propriétés cicatrisante, antalgique et adoucissante.

Plusieurs recettes sont possibles : En cataplasme : Hacher 1 grande feuille, verser un peu d’eau bouillante dessus, mettre la bouillie obtenue entre deux épaisseurs de compresses et appliquer (le plus chaud supportable) sur la vulve durant 5 minutes. On peut réitérer toutes les 3h maximum.
Ce procédé permet le relâchement de l’allantoïne et la stérilisation est assurée.

Les racines contenant plus d’allantoïne on peut utiliser 100 g de racines pelées dans 1/4 l d’eau en décoction 10-15 min. Appliquer de la même façon 5 minutes toutes les 3h.

En bain : ajouter de la consoude dans l’eau du bain pour la cicatrisation En pommade : 4g de cire d’abeille fondue au bain marie dans 1 C à S d’huile infusée de consoude

L’eau de Mombin

Spondias mombin — Wikipédia

Durant la période du post-partum, on recommande à la mère d’avoir une nourriture de bonne qualité. La mère prend de « l’eau de mombin », des bouillons de viande et de légumes, on lui recommande de se nourrir d’aliments sains, sans produits chimiques, de légumes, de fruits frais, de gombos et de tisanes de chiendent.

L’eau de mombin ou dlomomben est une décoction d’écorce et de feuilles de mombin (Spondias mombin), avec de l’herbe à femme (Wedelia trilobata), de la muscade et de la cannelle. Ceci est mélangé à un peu de vin rouge et du miel.

Cette décoction aurait des vertus astringentes, et permettrait l’élimination des lochies. La jeune maman boit cette boisson pendant 9 à 40 jours après l’accouchement.

Le grand bain du 40e jour clôt la période de couches, il permet de « refermer le corps ».
Traditionnellement, on versait de l’eau bouillante dans une barrique dans lequel on jetait des plantes, particulièrement odorantes. Parmi les plus utilisées:
-la lavande blanche ou atoumo (Alpinia zerumbet)
-le patchouli (Pogestomon heyneanus)
-la verveine (Stachytarpheta sp)
-la zeb à fanm (Wedelia tribolata)
-le douvan-nèg (Petiverie alliaceae)

Une fois le bain effectué, la jeune mère peut aller se faire « frotter ». Il s’agit de massages à base d’huile de carapate, de rhum et de chandelle. La frotteuse fixe sur le ventre des feuilles de carapate (ou ricin Ricinus communis) et de bois-caré (Cytharexelum fruticasum) à l’aide d’une ceinture de tissu autour des rein pour éviter la descente d’organes.
Ces rituels ressemblent fortement à celui du soin rebozo qui a également pour but de clore un cycle, de refermer le corps de la femme : bain, thé, massage, serrages….

Ben-féyag

Le bain du bébé est un véritable rituel qui a plusieurs fonctions : nettoyer l’enfant (la propreté est une notion très importante aux Antilles), prévenir les boutons de chaleur (problème de peau craint et très fréquent sous nos latitudes tropicales) et l’aider à dormir.

Deux bains sont donnés aux bébés : le matin et le soir. Il s’agit bien souvent de ben-féyag :bain dans lequel sont plongés des herbes telles que : soumaké (Cassia obtusifolia), glycérine (Anredera leptostachys) et feuilles de corossol (Annona muricata).

Traditionnellement, la mère lave l’enfant avec un savon de Marseille sans additif, le rince bien et le sèche avec attention. Était rajouté ensuite de la farine de Moussache sur le corps de bébé (extrait de la farine de manioc ayant fonction de talc).

Source:
-Le guide de phytothérapie créole, bien se soigner par les plantes créoles de Jean Louis Longuefosse, 2010
Plantes médicinales et remèdes créoles de Christian Ouensanga
Plantes compagnes de la maternité, en Caraïbe de Julie Mailloux 2017



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