L'interprétation des rêves dans l'hindouisme aux Antilles

Quelques notions de l’hindouisme aux Antilles


Je crois qu’en ces quelques mots j’aurais l’occasion de converser avec vous sur un petit essai qui se présentera à vous, comme une naissance de quelque chose qui rassemble, qui réunit, qui nous convie à découvrir une petite parcelle de qui nous sommes.

Qui témoigne, je pense, de notre devoir envers ceux qui nous ont précédés, ceux qui siègent là haut dans les étoiles, qui nous regardent d’un air vif et passif. Ceux qui sont déjà partis avant nous, qui nous précèdent sur des sentiers auxquels nous aussi en tant que personne nous aurons à répondre de ce moment.

« Aux grands hommes alors, que nous serons reconnaissants »

Mère, Père, Oncle et Tante, Frère, Sœur, Cousin et Cousine, nous avons tous fait états de leurs souvenirs, ceux qui siègent déjà là-bas, qui nous attendent aussi, qui peut-être nous guettent, restant attentifs à ce chemin qu’ils ont déjà traversé, regardant au loin dans cette procession rituelle des âmes, ceux qu’ils reconnaissent. 

Champs-Elysées, Paradis, Devilokam , enfers, monde infernaux, Tartare, autant de noms cités dans les grandes légendes de ce monde, qui nous réconfortent parfois des questions qui ont pu nous altérer l’esprit, troubler notre âme, sur le comment et le pourquoi de ces choses.

Mais étant frappé dès mon enfance du caractère magico-religieux des rites qui se présentaient à moi dans les schemblanni, encore que l’orthographe de cette cérémonie témoigne d’une connaissance orale seulement connue et non écrite.

Je pense vous faire part de mes quelques “connaissances”, sur la question et de l’univers qui se dégage dans ces hauts lieux circonscrits dans une petite pièce de la maisonnette qui fera office de Panthéon de nos aïeux.

Émanant de cette cérémonie nous avons comme le fait le schemblanni qui épouse le feu, une fumée mystique qui se dégage, qui annonce déjà à son odeur que ces lieux seront investis par ceux, qui nous ont fait chanter au « pali », qui ont personnifiés tout notre être par une douleur qu’aucun mot ne pouvait contenir.

Les souvenirs alors se dessinent, bercés par les mélodies du talon et du matalon… Nadron de Nallatanga, Harishandra, MalKandèya, Shillépatou … Un instant pour ceux déjà partit, mais un grand moment pour soi et dont l’âme se laisse asservir des traditions et des rituels qui le précédera à sont tour dans un jour qui s’annonce pas si loin.

Chacun y va de sa contribution, participe au repas, discute du défunt, réitère ses fameuses blagues, se demande s’il était là… Ce qu’il aurait fait? Ce qu’il aurait dit ? 

Tout une humanité s’institutionnalise en nous, reconnaissant cette identité culturelle, nous déculpabilisant à l’instant où l’on se met à genoux… Tournant le Tambalon trois fois sur l’autel et faisant vœux de respect, d’humilité, de promesse tenue, symbolisé par ce point de cendre sur le front, qu’on les honore.

L’autel qui doit être toujours dirigé vers le Sud, direction de Yama Dieu de la mort, dont il est le gardien. C’est vraisemblablement où partent toutes les âmes. Observez d’ailleurs que ces prérogatives sont très peu respectées par rapport peut être, à une méconnaissance de ces quelques règles non transmises par nos ancêtres, qui ont érigé une cérémonie qui leur était propre, dès que le cœur y est n’est-ce pas là l’essentiel. 

Quelques petites choses survivent tant bien que mal et ont une portée symbolique qui n’est pas à négliger lorsque l’on s’y penche de plus près. 

Le « Vadé » par exemple ayant une forme particulière, petit rond avec un trou au milieu, rappelle le cycle des réincarnations « vie et mort, » la roue du temps, dynamisme même de l’univers qui nous entoure.

Observons aussi le temps : Midi, 3h, 6h, (de l’après-midi). Pour certains, cela dépend de la famille et de leur organisation. Notons cette particularité, qui est une forme de respect vis-à-vis des défunts mais aussi un emprunt fait au catholicisme : en effet, c’est à 3h que J-C est monté aux cieux. Mais aussi pourrons nous objecter que par rapport à la course du soleil, le fait que ce dernier puisse s’en aller se couchant, c’est à ce moment que les défunts viennent, répondant de leur invitation, puisque n’oublions pas que c’est autour de ces heures, au moment de la pénombre que la terre se faisait possession d’eux.

Maintenant je m’appliquerais à expliquer quelque chose qui touchera plus d’un d’entre vous, des questions qui touchent aux mystères de la vie… Jonction, jonglant entre le fantastique et le réel, ne trouvant aucune validité, aucune preuve sauf la croyance et la conviction de celui qui s’en fait le conteur.

Je ne pense pas être un expert en la matière, ni en démonologie, ni ne prétendrais avoir toutes les connaissances, puisque l’on ne sait jamais tout, surtout à ce niveau si élevé de l’imagination… Nous dirons en des questions métaphysiques pour une compréhension plus acceptable. Alors soyez magnanimes avec mes mots…

Esprit, démon, fantôme, Pissassi en tamoul, esprit “mauvais”. Tout d’abord, notre esprit cartésien d’aujourd’hui est bien loin de ce qu’il était, déraciné jadis de son authentique culture et tradition villageoise de ce grand continent indien.

Nous, expatriés par ces tendres colons blancs, nous nous sommes embellis à notre manière, dans nos pays d’adoption et s’en est suivie une faculté d’adaptation sur les choses qui se livraient à nous. Mais nous avons grandi en perdant ce sens des mythes et des légendes et qui plus est, nous avons perdu un peu de nous et laissé un peu de ce qui entretient le rêve, l’espoir, dans ce grand continent.

Vos questions font sens alors aujourd’hui…Toutes les choses qui sont ici citées, esprits, démons et j’en passe, existent bien, puisque leur existence est impliquée par le fait que nous, hommes, y pensons et que nous y faisons référence.  
Je ne pense pas que ce soit dans l’imagination… C’est beaucoup trop facile de dire cela. Nous avons tous eu une expérience propre et personnelle. Ce sont des choses, dans la sphère privée, que l’on ressent, nous, hommes, qui sommes portés à elle.

On peut bien sur parler de toutes ces choses, contes, histoires sur une famille… Ces superstitions habitant la mémoire de nos Pères et prenant vie dans leurs paroles, qui ont bercé notre enfance, qui ont porté cet univers vivant qui sortait de leur mémoire…

Mais je me concentrerais maintenant sur la personne défunte, sur les quelques privilèges de connaissance, dont la vie a bien daigné me répondre et je commencerais par la structure de ce que nous sommes, ce qui fait, que l’on pense, que l’on s’adresse au monde par nos gestes, et bien sûr par le fait que nous nous interrogeons, sur les passions, les émotions engendrées par cette chose.

Notre être est constitué de trois entités : Le corps détermine nos aptitudes physiologiques dans le monde : on se fait vivre par lui. Il fait lien avec une entité encore plus subtile qui est l’âme. Et puis il y a l’esprit, principe directeur où siège l’intellect qui coordonne tous cela, essayant de nous faire comprendre le monde dans lequel on évolue. (Vos questions reflètent quelque part ce besoin légitime).

Lorsque le corps est libéré et que le monde a fini de nous consumer, l’esprit fait une passation à l’âme, puisque c’est elle qui doit migrer vers l’au-delà. 

Le corps et l’esprit, restent sur terre. Elle se fait motrice de notre âme puisque le fait d’accepter cela est très difficile. Il nous faut un moment d’adaptation… 

Mais il faut savoir que la notion du temps, n’est par contre pas la même. C’est pour cela que les rites dans le monde, diffèrent, plus ou moins par rapport aux croyances du défunt, puisque c’est l’idée même qu’il se faisait de la mort et de l’après vie qui doit correspondre à la cérémonie qu’il s’en faisait.

C’est très important puisque, pour l’indien sa vie terrestre ne diffère pas de celle de l’au-delà. Mythes et légendes entretiennent tout cela. Tradition, religion, coutume, rythmant cette paix qu‘il cherche en lui pour une meilleure justice de soi et du divin…Krishna lui-même n’a-t-il pas dit que les derniers moments qui suivent la pensée de l’être qui s’en va dans la mort sont très significatives pour l’endroit où celui-ci espère demeurer. 

Et sans même le savoir, mais par instinct, si je peux me permettre de parler comme cela, combien d’indiens se sont refusés de partir se soigner à l’étranger, de peur que leur âme ne puisse rester et demeurer à l’endroit où la délivrance de l’âme se faisait état de leur être.

Mourir ou plutôt partir de la terre qui les a vu naître, et avoir, en pensée, le sentiment que tous les gens qui nous aiment ne sont pas présents à cet instant, est quelque chose dont seul l’être, en état et en proie à ces émotions et sentiments, peut parler et sûrement se veut refuser.

Dans ces dernières heures, seule je pense une pensée plaisante qui soulage est de mise, voire une justice de soi même d’être en règle avec notre monde est des plus bénéfique.

Pour l’indien ce n’est qu’une libération un autre voyage passant de la sphère terrestre à la sphère céleste, c’est l’âme et son principe qui transmigre…La philosophie du moins je parlerais en ce qui me concerne et mes observations de Guadeloupe et de Martinique tiennent d’une relation intime de chaque individus avec le divin. 

Tout se rapporte pour ces gens qui mon témoigné de leur ferveur et de leur croyance d’une sensation d’une passion, d’un sentiment qui est et que l’on ne peut comprendre mais qu’on sait par je ne sais quel moyen qu’il y a une chose présente, qui existe par l’entremise de ces mystères de l’hindouisme.

En ce dernier point je m’accrocherais plus précisément à la particularité même de ces entités dites « esprits des morts, âme défunte » et bien sûr, en ce qui concerne, par exemple, la typologie d’esprit du mal et du bien.

Ils existent mais pas de la manière dont on les imagine. Plutôt dans la tête de celui qui s‘adonne à eux : c’est une question morale propre à l’homme… Eux ils n’ont rien à voir là- dedans : ils se nourrissent de nos aspirations, ils se servent de nous, quand parfois nous croyons que c’est nous qui nous servons d’eux… Je veux bien sûr dire que par là, c’est nous qui les invoquons et les engageons dans tel ou tel projet propre à notre fin… Nous sommes les tenants et les aboutissants de leur dessein en quelque sorte.

Parler de mal et de bien… nombreuses de nos religions sur terre ont cette tendance de deux opposés. Dans la culture indienne, tout cela est un peu éphémère. Le bien et le mal sont des concepts qui nous aident dans le monde… Le mal implique le bien et le bien ne vient qu’après le mal… et vice versa… Par là, je ne donne pas foi à ces choses, mais je légifère ces choses dans la structure même au sein de laquelle ils sont employés. Pour vous aidez à comprendre et à les appréhender, dites vous que cela fait sens dans la grande destinée du monde où nous aussi, nous sommes entraînés par elles.

Dans les légendes et les mythes de l’hindouisme, ces concepts nous aident à mieux nous comprendre et à mieux donner sens au monde…Le destin rend et donne foi à toutes ces choses. Râmâyana, Bhagavad-Gîta, contes populaires indiens… Aucunes de ces histoires qui nous ont été racontées ne finissent « bien, » comme par exemple “ils vécurent et eurent beaucoup d’enfants”.

C’est la vraie réalité de la vie qui est montrée dans ces histoires qui font intervenir esprits, démons etc…Nous devons garder à l’idée que ces choses existent bien dans le monde que nous côtoyons, que certaines personnes ont la faculté de se servir de ces forces qui sont tout autour de nous, surtout dans les cérémonies indiennes. Ce sont des énergies qui se déplacent aussi vite que la pensée. Il y a des rituels pour les invoquer et les révoquer…« Mais les morts et les morts et les vivants avec les vivants »…

Si vous avez eu une expérience de ces choses apprenez – en la dessus, sur ce que cela réveille ou éveille en vous, mais sans que cela aille plus loin et que vous vous y preniez la tête ; le monde matériel a suffisamment de préoccupations comme cela.

Si vous en êtes les auteurs où que vous vous en faites acteurs, sachez que c’est cette fois votre conscience qui s’engage dans une chose et que votre âme espère que vous savez ce que vous faites puisque c’est elle qui sera en dernier recours sollicitée à la fin de votre vie pour en répondre et en rendre le salaire. Apprenez de ce monde qui se dévoile dans les histoires racontées par vos ancêtres, les mythes de votre religion. Croyez en vous, et si cela vous arrange de ne pas porter attention à ces choses, faites le dans une certaine mesure. Cela vous abstiendra de rester dans un monde compris uniquement par vous afin que vous ne vous égariez point.

Dans tous les cas, le seul esprit présent et dont vous ayez conscient en ce monde c’est le votre. L’existence le confirme nous n’avons pas le droit d’en apprendre sur ces choses, mais nous pouvons avoir l’espérance d’un savoir de nous même et des autres qui en ont eu l’expérience directe.

J’espère en tout cas avoir donné un avis qui vous aidera. Je témoigne de choses connues par moi-même et auxquelles font foi le bouche-à-oreille… Pas d’une connaissance scientifique… Hypothèse seulement née par rapport à vos questions sur l’excellence de la nature humaine qui prend vie dans l’imaginaire de tous.

Quelle qu’y soit l’importance est que vous devez croire en vous car, votre âme a eu cette indulgence d’être vous à votre naissance et elle continuera à être vous à votre délivrance du monde.

De Jonathan Soudarapa


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Par exemple, pourquoi voulons nous forcer en achetant nos fruits, légumes, et poissons au supermarché ?

Nous pouvons très bien consommer mais en conscience. Petit à petit mais sûrement. De plus, le meilleur moyen de nous rendre compte de la valeur de notre terre afin de nous émanciper est de reconquerir notre alimentation. Et pour cela, il faut planter ce que nous mangeons.

Oublions cette histoire de pelouse ou encore de palmier immangeable...Si tu as de la terre, plante ton manjé comme nos aïeux. Même si tu n'aimes pas jardiner, plante au moins tes herbes aromatiques, ton petit oignon peyi, ton petit pot de gwo ten ou encore de persil.

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