le vaudou haïtien

Le Vaudou Haïtien : présentation


Le Vaudou est un ensemble de croyances et de rites d’origine africaine qui, étroitement mêlés à des pratiques catholiques, constituent la religion de la plus grande partie de la paysannerie et du prolétariat urbain de la République noire d’Haïti. Ses sectateurs lui demandent ce que les hommes ont toujours attendu de la religion: des remèdes à leurs maux, la satisfaction de leurs besoins et l’espoir de se survivre.

Vu de près, le vaudou n’a pas le caractère hallucinant et morbide que la littérature coloniale lui prête. Bien qu’il soit associé à la magie noire par les européens, le vaudou a pour principale fonction de protéger ses adeptes de toutes les formes de sorcellerie.

Origines et Histoires

Au 15 eme siècle commence le commerce d’esclaves africains en direction de Haïti. Ces hommes provenaient surtout du Dahomey et du Nigéria. On estime à dix milles le nombre de noirs vendus chaque année à Ouidah (Bénin).
Lorsqu’on parcourt les quelques kilomètres qui, à travers dunes et marais, unissent la ville à la côte, on ne peut s’empêcher d’accorder une pensée à ces longues caravanes d’hommes, de femmes et d’enfants, pour qui ce trajet fut le dernier sur le continent natal.

Mahi et Nago (Yoruba) occidentaux étaient les adversaires traditionnels des Dahoméens. Les razzias dont ils étaient les victimes ont eu pour conséquence qu’aujourd’hui encore, on ne célèbre jamais en Haïti, de cérémonies du rite rada (dahoméen) sans exécuter des danses mahi ni « saluer » et invoquer les dieux nago.
Les Dahoméens contemporains n’ont pas perdu le souvenir de leurs frères paris au-delà des mers. Lorsqu’ils offrent des sacrifices aux ancêtres royaux, ils n’oublient pas ceux qui, jadis, ont été vendus aux Blancs.

Certains, dans leur désir de « blanchir » les cultes vaudou, ont fait de ce mot une corruption de « Vaudois » (nom d’une secte fondée au XIIe siècle par Pierre Valdesius mais qui avait fini par être appliqué indistinctement aux hérétiques et aux sorciers).
Or, au Dahomey et au Togo, chez les tribus appartenant à la famille linguistique des Fon, un vodû est un « dieu », un esprit, son « image », bref, tout ce que les européens appellent « fétiches ».

Les servantes de la divinité sont des hounsi (en Fon , divinité, et si, épouse); le prêtre est le hougan, c’est à dire le « maître du dieu ». Les accessoires du culte portent encore leurs noms dahoméens: gôvi (cruches), (pot), asô (hochet sacré), azê (emblèmes sacrés), hûnto (tambour), etc.

De plus, les principales divinités sont encore classées selon les tribus ou les régions d’Afrique don telles sont originaires.
C’est ainsi que nous avons des dieux Nago, Siniga (Sénégalais), Anmine (Minas), Ibo, Congo et Wangol (Angola). Quelques dieux portent même en épithète le nom de leur patrie africaine: Ogou badagri (Badagri est ville du Nigéria) et Ezili-Fréda-Dahomey.

Les cadres sociaux du Vaudou

Pour comprendre la marche des cérémonies et l’expression matérielle de certaines représentations religieuses, il est nécessaire de se faire une idée précise des sanctuaires où les membres des confréries se réunissent pour honorer les dieux et où les fidèles viennent à titre individuel consulter le hougan ou la mambo.

Il n’y a guère de différence entre « les maisons des mystères » et celles des hommes. Un houmfo n’est pas un temple au sens habituel du terme, mais un centre religieux comparable, par son apparence, à la « cour » qui groupait autrefois les ménages de la « grande famille ».


Le nombre, la disposition et l’ornementation des cases qui constituent un sanctuaire vaudou dépendent au premier chef des ressources du prêtre ou de la prêtresse et, dans une moindre mesure, de leur imagination, de leur goût ou de celui qu’ils attribuent aux esprits.

La seule construction qui permette de reconnaître un houmfô de l’extérieur est le péristyle, sorte de hangar largement ouvert où les danses et les cérémonies se déroulent à l’abri des intempéries.

Le monde surnaturel

Le bonDieu, Jésus, la Vierge et les saints sont relégués à l’arrière-plan de la vie religieuse, les esprits, grands et petits, envahissant les cérémonies, captent toute l’attention des fidèles. Les uns sont d’anciennes divinités africaines qui ont conservé leur prestige, les autres à la personnalité falote ne méritent que le nom de génies ou de démons.

Ces êtres surnaturels dont le culte est l’objet essentiel du vaudou sont appelés loa, « mystères », et, dans le Nord d’Haïti, « saints » ou « anges ». Personne ne les a dénombrés, car, si l’on peut dresser sans peine la liste des grands loa de l’Afrique-Guinée, on ne viendrait jamais à bout des noms de tous les génies locaux.


En outre, la foi et la fantaisie populaires ne cessent d’enfanter de nouveaux loa alors que d’autres, faute de serviteurs, tombent dans l’oubli!
Les loa ne sont pas les seuls puissances surnaturelles dont les hommes doivent tenir compte. A côté d’eux figurent les Jumeaux, qui détiennent un grand pouvoir, et les « morts », qui exigent des sacrifices et des offrandes et exercent une action directe sur le sort des vivants.

Un mélange de spiritualité africaine et catholicisme

Les adeptes du vaudou ne sont nullement gênés par l’opposition entre la spiritualité africaine et leur croyance en un Dieu suprême et tout-puissant. Néanmoins je tiens à souligner qu’a vu d’œil, il est facile de penser que la religion vaudou est polythéisme tout comme les religions africaines. Mais en allant au delà de nos préjugés et en approfondissant nos connaissances, vous pourriez constater qu’ils sont monothéistes tout comme les religions dite révélées.

Un dieu suprême et créateur au dessus tout, qui délègue à ses enfants (loa, dieux, déesses, etc), qui ne sont que des émanations de lui sous différentes formes. Tout comme le Dieu biblique, dont Jésus est son fils et en même temps lui et qui est accompagné de l’esprit sain et des anges….On peut aisément dire également que les religions qui découlent de la bible sont polythéistes, non?

loas

A ceux qui prétendent que les loa ne sont que de vulgaires satans, les vaudouistes répondent que le Grand Maître les ayant créés pour venir en aide aux hommes, ils ne sauraient être mauvais. N’a-t’on pas constamment la preuve de leur bienveillance et de leur compassion?
Il est vrai qu’il existe des esprits qui consentent à seconder les méchants et que l’on redoute pour leur violence et leur cruauté, mais ceux-là seuls méritent le nom de diab.

Les gens de bien s’abstiennent de tout commerce avec eux et, s’ils en sont les victimes, ils s’efforceront de les apaiser sans s’abaisser jusqu’au crime. Pas plus que les hommes, Dieu n’approuve les agissements des mauvais loas, des loa achetés dont les sorciers se servent pour leurs ténébreuses machinations.

Les divinités

Les loa peuvent incarner un trait de caractère, un aïeul, un élément naturel, des personnages historiques, etc.
Ils revêtent d’innombrables qualités et dénominations.

Leurs classifications dépassent le seul cadre d’un panthéon et certaines d’entre elles marquent un rapport étroit au groupe familial et au territoire haïtien. C’est le cas avec les loa rasin (racine), les loa abitation (habitation), les loa éritaj (héritage). Ces loa sont honorés par des sévitè loa (serviteurs d’esprits), des hounsi (initié/ées), des hougan (prêtre) et des mambo (prêtresse).

Ils acquièrent ce statut à l’issu d’un processus initiatique instaurant une relation de type don-contredon. Ils communiquent avec leurs mystères par le biais de la transe de possession, du rêve et de la divination.
Cette relation de type don-contredon se concrétise notamment par la célébration d’un mariage mystique. Il s’agit de l’union entre un-e initié-e et son loa mait têt, ou génie tutélaire. Au cours de cette célébration, le loa s’incarne dans une personne proche de l’initié-e.

Précisons que cette célébration suit en de nombreux points le déroulement d’un mariage classique : lecture d’un acte d’union, échange des bagues symbolisant l’alliance et consommation de biens appréciés par le loa (nourriture, parfum, habits). Enfin, signalons qu’il faut être baptisé dans la religion catholique pour pouvoir être initié au culte vaudou.

Selon le culte vaudou, Dieu « le Grand Maître » est au-dessus de tout et a créé les esprits « les loa » qui sont au service de l’homme.
Après le baptême catholique, l’adepte est placé sous la protection de son « loa racine », sorte d’esprit tutélaire de la famille.
Ensuite, il revêt une nouvelle personnalité, au cours d’une initiation et doit servir le « loa maître-tête », qui assume la direction de sa vie….

Dans le prochain chapitre, nous aborderons le panthéon vaudou et les pouvoirs des loa.

Sources:
Le vaudou haïtien d’Alfred Métraux
-Le grand livre du Vaudou de Claude Planson


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