carnaval traditionelle

L’île du Carnaval (2/3)


Le Carnaval est devenu une grande tradition populaire dans toute l’Europe, quelque soit le nom de l’événement. Un mélange des classes sociales déguisées et festoyant avec de la musique et des danses. Cette évolution fut lente et longue.

L’arrivée des côlons aux Antilles

La Martinique fut coloniser le français D’Esnambuc et son équipage. À sa mort, il légua son autorité sur la Martinique à son neveu Du Parquet.
En 1635, Le nouveau Gouverneur de la Martinique, Du Parquet, célébra son mariage avec Marie Bonnard. Ce mariage fut les prémices du carnaval martiniquais.
En effet, les originaires de Paris décidèrent d’honorer Mlle Bonnard, en défilant avec de somptueux costumes sous les fenêtres du château de la Montagne. Les compatriotes du marié, tous Normands, décidèrent d’organiser des parades et mascarades. Cette petite concurrence engendra des grandes réjouissances. Tandis que les esclaves voyaient passer tous ces invités masqués et revêtus de leurs costumes traditionnels.

Par la suite, les esclaves se sont mis à leur tour à fêter et s’amuser dans les cases, au son du tambour. Le carnaval était un moment de libre, autorisé par le maître, et exclusivement sur l’habitation. Car les cortèges et danses collectives de Nègres étaient interdits par les gouverneurs en dehors des propriétés privées.
Cette petite pause selon le calendrier chrétien était bénéfique pour mieux préparer l’abstinence du carême. Cela a permis aux esclaves de s’exprimer par les danses, de se libérer de la dureté de leurs vie et d’extérioriser ses rancœurs envers les maîtres de manière détournées.
Les croyances et coutumes d’origine Africaine qui étaient interdites pouvaient s’exprimer librement pendant cette période (masque africain, tambour rythmique etc).


Puis les affranchis (esclaves libres) continuèrent leurs traditions en réinventant cet événement. En effet ayant pas les même moyens que les côlons, ils se déguisaient avec très peu de manière inventive (pyjama, vieux vêtement etc). En introduisant également des éléments ancestraux.
Ce sont essentiellement les descendants d’esclaves qui vont rendre la particularité du carnaval martiniquais.

Le début du carnaval

Le carnaval fit ses débuts au courant du 18 ème siècle. Les affranchis pouvaient défiler avec leurs costumes dans les rues dans la période avant le carême. En respectant l’interdiction de porter des armes et de porter des masques qui cacheraient leurs identités (jusqu’en 1850).
Puis, il y eu l’abolition de l’esclavage en 1848. De ce fait tout les anciens esclaves étaient libres de parader dans les rues. Ils pouvaient enfin exprimer leurs sentiments sur l’oppression raciale, économique, sociale et politique qu’ils subissaient toujours. Ils pouvait enfin porter des masques et se travestir de manière satirique en leurs anciens maîtres afin de s’en libérer psychologiquement.

À cette époque et avant l’éruption de la montagne Pelée, la ville de Saint Pierre était le siège du carnaval de la Martinique.
La réputation du carnaval de l’île n’tait plus à faire, elle dépassait même les frontière de la Caraïbe.

Par exemple, le vice-recteur Garaud, décrit la grandeur du Carnaval de Saint-Pierre :

“J’ai, précise-t-il, été témoin du carnaval ensoleillé de l’Italie dans diverses villes ; je l’ai admiré à Nice, j’ai assisté au carnaval sans façon des petites communes de France. J’ai vu le carnaval de Paris… Rien de tout cela ne ressemble au carnaval de Saint-Pierre. Ici, la ville entière est descendue dans la rue, la ville entière a pris le masque; elle chante, elle danse, elle agite ses grelots. Jamais les saturnales à Rome, jamais en Grèce les bacchanales n’ont offert un pareil spectacle; jamais la fête des fous, au moyen-âge, n’a étalé cette débauche de joie. L’imagination ne peut rêver: de semblables folies humaines un délire aussi envahissant, une pareille marée de gaieté écumante et montante”.

En effet tout le monde accourait de tout l’archipel des Caraïbes et des Amériques pour y assister.

Vu l’ampleur de cet événement, les autorités ont du mettre en place des réglementations. Tout d’abord en 1898, les autorités fixent les congés des jours gras. Cette disposition se retrouva les années suivantes jusqu’en 1907. Puis limiter le port du masque certains jours et à certaines heures : le port du masque est interdit avant midi et après 20h le dimanche, les jours gras et le mercredi des cendres.


Au fil du temps, le carnaval s’intensifia et se diversifia dans tout les sens. Face cette popularisation, les békés et grands mulâtres se retirent des festivités. En préférant organiser des réceptions dans leurs demeures entre eux. Le carnaval des « riches » finissait le mardi gras, tandis que celui du peuple jouait les prolongations jusqu’au mercredi des cendres.
Les bourgeois interdisaient leurs enfants de sortir ce jour là car, le mercredi des cendres est jour des guiablesses/diablesses. Des femmes séductrices qui entraînent les hommes dans la forêt d’où ils ne reviennent jamais. Elles s’habillent en noir et blanc pour le jour de la mort de Vaval et porte une branche de corossol, dont le parfum les aide à calmer leurs douleurs.

Une continuité original et authentique

Malheureusement, le 8 mai 1902 l’éruption de la montagne Pelée détruisit la Ville de Saint-Pierre et marqua l’arrêt momentané du carnaval.
Une fois le deuil respecté, les martiniquais recommencèrent à fêter le carnaval. C’est en 1906 à Fort-de-France, nouvelle capitale de la Martinique, que reprennent les festivités carnavalesques. Cet événement à Fort-de-France marque une nouvelle ère du Carnaval martiniquais.
Le carnaval foyalais est plus étoffé que celui de St-Pierre. Les personnages anciens et modernes se mêlent à la fête : le bwa-bwa, Vaval, les Reines, Mini-Reines, Reines-Mères, les mariages burlesques, les diables rouges, les guiablesses et de nombreux personnages travestis ou parodiés.

Surtout , l’héritage des chansons de carnaval et les tournures à l’époque de St-Pierre ont été bien préservées et améliorées.
Les chansons de Saint-Pierre peuvent être classées en deux catégories : les chansons politiques et les chansons satiriques et coquines.
Les chansons politiques étaient une arme pour s’exprimer en dehors des urnes et révéler au grand jour les magouilles des politiciens. Tandis que les chansons satiriques relatent les histoires croustillantes de la vie quotidienne de Saint-Pierre.
Jusqu’à maintenant il est primordial de ne point être mêlé à un quelconque scandale ou cancan avant les festivités sous peine d’entendre des chansons satirique et moqueuse sur nous. Car chaque habitant qui le veuille ou non est un membre officiel de la radio bois-patate (commérage) local. Plus fiable et plus rapide que les réseaux sociaux….

Le carnaval martiniquais est devenu une fête à part entière et unique. En effet, tout le monde peut y participer déguisé ou pas ou juste avec une pancarte. On peut tantôt choisir d’être spectateur, ou courir un vidé (suivre un groupe à pied en chantant et dansant) ou carrément participer à une parade.Il ne va jamais être complètement organiser, il peut évoluer ou être improvisé selon les envies et actualités. Ces caractéristiques font l’originalité et l’authenticité de notre carnaval.








Vous aimerez aussi

carnaval des antilles

L’île du Carnaval (1/3)

carnaval antille

L’île du carnaval (3/3)


Laissez un commentaire



Mon Instagram

Plantes médicinales et aromatiques de la Caraïbe de Christiane Portécop est un ouvrage destiné aussi bien aux enseignants qu'aux associations et personnel d'encadrement qui souhaitent realiser un projet relatif aux plantes médicinales. Ce livre interessera sans nul doute un plus large public qui pourra ainsi entreprendre un voyage instructif et formateur dans l'univers du patrimoine caribéen.

Un massage énergétique de @massage_lodisy contre les douleurs, refroidissement ou encore de dégagement, etc vous sera proposé par Christelle.

Jeu exclusivement pour les résidents de l'île de la Guadeloupe.

#jeuconcours
...

80 22

Ce roman trace sans complaisance un portrait plus qu’acide de l’homme politique. Il lance une autre réflexion sur les mythes fondateurs d’Haïti et aborde le sujet tabou des relations entre le pouvoir et les sociétés secrètes.

En effet, sur cette île tout comme les autre, ce ne sont pas les urnes qui régit la politique mais bel et bien les cimetières. Lieu de rencontre entre les politiciens et les sosyete, loup-garou, esprits et d’autre entités nocturnes qui commandent la nuit.

Hannibal Sérafin grand ambitieux politicien est prêt à tout pour devenir le prochain président quitte à laisser Agwe, dieu des eaux koké douze fois sa belle femme sur une barque sacrée. Mais dans cette course effrénée vers le pouvoir, un diable estime qu’il est temps pour lui de sortir de sa montagne pour assouvir sa vengeance.

Heureusement, que la mambo Sorel veille à l’harmonie, tout en rendant fou d’amour et de passion Sonson Pipirit un ancien politicien, en le faisant jouir en haut d’un arbre sacré. Selon lui, la mambo Sorel transformée en loup-garou éveille chaque particules de son corps en le dévorant sur les autels sacrées. Ceux qui feront les offusqués, ne connaissent pas ce genre de plaisir délirant !

Un conflit cosmique, où l’humour est mêlé à un érotisme coloré et fantastique. Encore une belle œuvre de @garyvictor7

#livrestagram #livres #livresaddict #booklover #books #instabook #litteraturecaribeenne #litteraturehaitienne #roman #instabookclub #lecturedujour #lecturesdumoment #bookstagrammer #bookaddict #livrepeyi #avislecture #lire #haïti #caraïbes #littérature #afrobook
...

57 3