vévé

Le Vaudou Haïtien: le vèvè


Les esprits se manifestant dans des personnes auxquelles ils prêtent leurs traits ou leurs gestes familiers et n’ont pas besoin de statues ou d’images pour être conçus comme anthropomorphes. Les sanctuaires sont décorés d’images de saints identifiés à des loa, mais cette assimilation est toute superficielle et n’a guère affecté la représentation que les fidèles se font des esprits.

En Haïti ce sont des dessins symboliques, appelés vèvè, qui remplissent la fonction dévolue ailleurs aux statues et aux images. Selon la nanchon des loa dont on veut figurer l’emblème, ils sont tracés sur le sol avec de la farine de blé ou de maïs, de la poudre de brique ou d’écorce triturée, de la cendre ou même du marc de café.

L’officiant procède de la façon suivante : il prend dans une assiette une pincée de poudre ou de farine qu’il fait glisser entre l’index et le pouce de manière à laisser sur le sol un trait mince et régulier. Il dessine ainsi des motifs géométriques, des objets ou des animaux qui peuvent couvrir des surfaces assez vastes. Certains vèvè comprenant les symboles de plusieurs dieux s’étalent d’un bout à l’autre du péristyle. En général, ils sont disposés symétriquement autour du poteau-mitan.

Pendant leur tracé, le chœur des hounsi chante:

Vèvè-lo sé hunsi ki fè hûnga
(Vèvè-lo c’est la hounsi qui fait le hougan)

Hûnsi tôbé hûngâ lévé ato
(Hounsi tombé le hougan se lève ensuite)

Vèvè-lo sé hunsi ki fè hûnga
(Vèvè-lo c’est la hounsi qui fait le hougan)

On consacre chaque vèvè en y déposant des petits tas de maïs grillé et d’autres aliments secs que l’on arrose avec de l’acassan, du kola, du rhum ou toute autre boisson. Chaque libation se fait trois fois.
Le hougan agite son hochet au-dessus des dessins en marmottant des formules rituelles en langage. Enfin une bougie allumée est placé sur le vèvè. Le hougan et les autres dignitaires du houmfô viennent à tour de rôle “jeter” de l’eau sur le dessin en guise de salutation.

Ces vèvè manifestent sous une forme tangible la présence de la divinité. C’est sur eux que l’on dépose les offrandes faites aux loa et le corps des victimes qui leur sont sacrifiées. Ils constituent aussi la marque du dieu tracée à la craie sur les objets du culte afin d’établir une étroite association entre ceux-ci et la divinité.

Ces dessins emblématiques ont un caractère magique. Par le simple fait de les tracer, le prêtre exerce une contrainte sur les loa et les forces à se manifester. Leur fonction est d’appeler les loa.
Pour obliger une personne possédé par Damballah-wèdo à descendre de l’arbre où elle s’est perchée, il suffit de dessiner sur le sol, avec de la farine blanche, des serpents, symboles du loa, et de placer sur eux un oeuf piqué dans un petit tas de farine.
Le loa sera immanquablement attiré par la magie du vèvè et par l’offrande.

Si les vèvè sont d’origine dahoméenne, leur style est un peu européen. Les volutes et les entrelacs peuvent rappeler les motifs de ferronnerie et les broderies à la mode au XVIIIe siècle. L’inspiration française y est aussi évidente que dans certains types de musique folklorique ou dans certaines danses.

Malgré leur stylisation on y reconnait facilement les attributs caractéristiques des loa: le sabre d’Ogou, le bateau d’Agoué, le serpent de Damballah, le cœur d’Ezili, les plats des Jumeaux , etc. Les étoiles que l’on remarque autour du motif principal sont dites points d’arrestation ou simplement point d’embellissement.

D’autres objets peuvent symboliser les loa et participer de leur caractère sacré. Leurs attributs- sabre d’Ogou, béquille de Legba, serpent en fer forgé de Danballah, croix de Baron- les caractérisent et attestent leur présence aussi clairement qu’une statue. Cependant ces emblèmes ne sont pas entourés de la déférence qui s’imposerait envers des idoles.

Afin d’approfondir le sujet, vous pouvez lire : Le vaudou haïtien, présentation.

Les symboles en Afrique

Depuis les hiéroglyphes égyptiens , aux Adinkra des Akan du Ghana et de la Côte d’ivoire et des vévé d’Haïti , les symboles aux propriétés surnaturelles ont longtemps été utilisé comme symbole de protection , pour passer des messages, ou pour marquer un lieu sacré.
Chaque symboles désignent une divinité particulière ainsi celui qui les portes s’attire les faveurs des dieux ou déesses. C’est la concrétisation du spirituel à travers l’imagerie et donc l’écriture et l’algèbre.

Adinkra

Cet art est ainsi appelé « Adinkra », en référence au roi déchu qui a dû quitter son territoire. Adinkra signifie  « au revoir », « adieu » en twi, une langue akan.

A l’origine, les adinkras n’avaient pas une simple fonction de décoration. Ces tissus de coton ou de soie imprimés à la main étaient réservés aux guides spirituels et à la royauté, qui les portaient dans le cadre des deuils et cérémonies importantes. D’ailleurs, les leaders spirituels prennent une part importante dans la création et la codification de ces symboles qui vont peu à peu se multiplier.

A un symbole est donc attribué un nom, une signification, puis le proverbe qui va avec, la sagesse qui en émane. Sont ainsi représentés en forme de figure géométrique droits venus de l’observation humaine :La nature (plantes, noix,…et leurs bienfaits ou rôle)

-La vie
-Des comportements et relations humaines dans ce qu’ils ont de positif, de créatif, de constructif et de dangereux
-Des animaux (crocodiles, poules,..) et leurs comportements ou attributs
-Des objets
-Des concepts religieux
-L’univers, etc…

L’adinkra a alors pour but premier et suprême de codifier la communication entre les êtres vivants, mais aussi entre les humains et les esprits. Nous l’avons vu, ce mot signifie au revoir.  

Le tissu était donc confectionné dans le cadre du deuil et comportait des symboles qui liaient à travers un message les proches avec le défunt parti dans l’au-delà. Ceux-ci pouvaient faire référence aux qualités du regretté, son histoire.  Le terme « Kra » désigne d’ailleurs l’âme.

Sources:
Le vaudou haïtien d’Alfred Métraux
@prestancekemet
-Le Blog d’Améthyste Ma


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Yo krazé'y, yo brilé'y
Man pèdi lékilib

Man pa menm pé réfléchi
Karès visib pa pou ich kongo
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