panthéon vaudou

Le panthéon du vaudou haïtien


Les loa assurent la continuité entre les vivants et les morts, la stabilité et la survie de la famille, ils sont responsables de la fécondité et de la santé, puis procurent richesses matérielles et spirituelles. En règle générale, on les reçoit comme héritage de sa famille, attachés à une portion de terrain, ils sont laissés avec elle par les parents décédés à leurs enfants.

Il arrive également qu’un loa s’annonce en songe, ne laissant guère le choix à l’individu qu’il a choisi: refusé le loa pourrait le persécuter en lui envoyant des maladies ou divers malheurs. Car dans le panthéon vaudou, les loa sont tantôt bons et mauvais : tout dualisme figé est exclu.

Par exemple, de nombreux loa Petro et Kongo passent pour dangereux, mais en réalité, s’ils sont servis avec précision, ils accordent leurs bienfaits, autant que les loa des autres familles. Quand bien même, enfin, des loa sont appelés diab dans certaines régions du pays, le vaudouisant ne fait que reprendre le vocabulaire du christianisme, sans pour autant croire au diable des chrétiens. Il y a même un loa Petro qui porte le nom de Lucifer.

On n’est jamais trop prudent

Comme dans d’autres systèmes religieux, il arrive souvent qu’on puisse une puissance indéfinie à un loa, en lui faisant remplir toutes sortes de fonctions, en sorte que ce loa finisse par envahir toute la vie de l’individu ou qu’il paraisse devenir le responsable de tous ses malheurs.
Le recours au prêtre vaudou, interprète du message et des qualités des loa, peut délivrer d’un tel rapport. Le pouvoir d’un loa peut en réalité toujours être contrebalancé par un autre, ou maîtrisé par un rituel précis que le prêtre vaudou connaît. Si les pratiques de magie et de sorcellerie sont d’une façon générale, réprouvées par le vaudouisant, celui-ci sait que des forces dangereuses se tiennent aux frontières du système vaudou, prêtes à entrer en action.

Aussi s’arrange-t-il pour parer aux mauvais coups et prendre des mesures de protection avec des armes analogues. A cette effet, il existe une autre catégorie de loa, appelée loa-acheté, qu’on peut se procurer chez des oungan, et dont on peut attendre un concours plus efficace que celui offert par les loa hérité de sa famille.

Acheter des loa comporte cependant quelque danger, car pour gagner leur protection, ont doit parfois prendre des engagements très coûteux. Si l’on ne parvient pas à les honorer, le loa-acheté aura des colères terribles, et les maladies ou les malheurs s’abattront sur la famille.

Le panthéon vaudou

Un brève description de quelques grandes divinités:

Loa rada

Legba

Dans toute énumération des divinités vaudou, la première place doit être réservée à Legba « dieu qui ouvre la barrière » et qui, à ce titre, est salué avant tous les autres loa.
Au Dahomey, Legba est l’interprète des dieux, sans lui ceux-ci ne pourraient s’entendre ni les hommes communiquer avec eux. Le souvenir de ce rôle s’est maintenu dans le vaudou. Aucun loa n’ose se manifester sans l’autorisation de Legba.

Mythologie vaudou : Legba

Maître de la barrière mystique qui sépare les hommes des esprits, Lebga est aussi le gardien des portes et des clôtures qui entourent les maisons, et, par extension, le protecteur des foyers. Dans cette fonction, il est invoqué sous le nom de Maît bitation (Maître de l’habitation). Il est aussi le maître dieu des routes et des sentiers. Sous le nom de Maître-Carrefour, Lebga est la divinité des croisées de chemins-endroits hantés par les mauvais esprits et propices aux arts magiques.
Il y reçoit l’hommage des sorciers et préside à leurs incantations et à leurs envoûtements.

On se représente Legba sous l’apparence d’un vieillard infirme, couvert de haillons, qui, la pipe à la bouche et une sacoche en bandoulière, avance péniblement, appuyé sur une béquille (cet objet est devenu son symbole et on le trouve accroché au mur de presque tous les sanctuaires). Son aspect pitoyable lui a valu le sobriquet de Legba-pied-cassé, mais cache une force terrible, qui se révèle dans la brutalité des possessions qu’il provoque.

Celui qui reçoit Legba dans son corps est projeté sur le sol où il se débat frénétiquement, à moins qu’il ne reste inerte comme frappé par la foudre.

Agoué

Parmi les loa qui règnent sur la nature, celui dont le domaine est le mieux délimité est Agoué ou Agoué-tarayo. La mer, sa faune et sa flore ainsi que les bateaux qui la sillonnent et ceux qui vivent de ses ressources sont placés sous sa juridiction. On l’invoque sous les noms de Coquille de mer, d’Anguille ou de Têtard l’étang.
Il a pour emblèmes des bateaux en miniature, des avions peints en bleu ou en vert, des coquilles ou des madrépores et parfois aussi des petits poissons en métal. Ce Neptune haïtien a aussi le trident pour insigne, mais on peut se demander si cet emblème, emprunté à l’antiquité classique, n’a pas été adopté tout récemment sous l’influence des intellectuels qui militent dans le folklore.

Mythologie vaudou : Agoué

Comme beaucoup de génies aquatiques, Agoué-taroyo a le blanc pour couleur symbolique. C’est pourquoi on lui prête l’apparence d’un mulâtre au teint très clair et aux yeux verts comme la mer. Il porte un uniforme d’officier de marine, des gants blancs et un casque avec l’élégance d’un Président.

La Sirène et la Baleine sont deux divinités marines si étroitement unies qu’in les vénère toujours ensemble et qu’on les célèbre dans le même chant. Les uns disent que la Baleine est la mère de la Sirène, d’autres qu’elle est sont mari et d’autres enfin que ces deux noms s’appliquent à une seule et même divinité.
On se représente la Sirène conformément à la tradition européenne, mais lorsqu’elle apparaît dans un sanctuaire, la personne qui est possédée par elle n’est qu’une jeune femme coquette; fort soucieuse de sa toilette.

Damballah-wèdo

Dans la plupart des sanctuaires on remarque un bassin plein d’eau placé dans un coin du péji ou sur l’autel. Il est consacré à l’une des divinités les plus populaires du vaudou, Damballah-wèdo, le dieu serpent.
Il est très souvent représenté avec sa femme Aïda-wèdo sur les fresques murales des homfo par deux serpents qui semblent plonger dans le bassin et par un arc-en-ciel.

Les gens possédés par Damballah-wèdo dardent la langue, rampent sur le sol avec des ondulations, grimpent aux arbres ou aux poutres du péristyle. S’accrochant aux tirants de la toiture, ils se laissent tomber la tête en bas, tel un boa. Damballah ne parle pas, mais il siffle, et c’est pourquoi les possédés émettent des « tetetetete » saccadés. Ils essayent de se faire comprendre en donnant à ces sons les modulations d’une phrase du langage courant.
Le loa Ogou, ou à défaut le prêtre du sanctuaire, interprète les messages du dieu.

Tous les arbres sont les reposoirs de Damballah parce que les serpents montent sur tous les arbres. Etant couleuvre et divinité aquatique, il hante les rivières, les sources et les mares. Le blanc est son symbole; la nourriture et les boissons qui lui sont offertes doivent être de cette couleur. L’argent est un « métal blanc » dont il est le maître.
C’est donc lui qui accorde la richesse et qui permet la découverte des trésors. Entre ceux-ci et l’arc en ciel, il existe de mystérieuses correspondances. Le diadème d’Aïda-wèdo assure la richesse à qui s’empare.

Ezili-fréda-Dahomey

On compare habituellement Ezili-fréda-Dahomey à Aphrodite. Ezili, comme Aphrodite, appartient au groupe des esprits marins, mais elle s’est dégagée de ses origines pour devenir une personnification de la beauté et de la grâce féminines. Elle a tous les traits de la jolie femme: elle est coquette, sensuelle, amie du luxe et du plaisir, dépensière jusqu’à l’extravagance.

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Dans chaque sanctuaire, il y a une chambre ou un coin de chambre consacrée à Ezili. On y garde ses robes roses et bleues et ses bijoux tandis que sur une table l’attendent cuvette, serviette de toilette, savonnette, brosse à dents, peigne, rouge à lèvre et cure-ongles. Aussitôt qu’Ezili possède un fidèle, homme ou femme, celui-ci est conduit dans ce cabinet pour s’y parer.

Elle ne doit pas être confondue avec la Grande-Ezili, femme âgée, percluse de rhumatisme, qui se traîne sur les genoux en s’aidant d’une canne.

Loa petro

Dans cette ébauche de mythologie, une place doit être faite à un certain nombre de loa de la nanchon des petro qui doivent à leur cruauté, et à leur goût du mal le qualificatif de diab.
A cette catégorie appartiennent plusieurs Ezili. Ezili-jé-rouge dont la nature est malfaisante, est dit-on, l’épouse de Simbi-yan-dézo. Celui-ci serait plus violent que sa femme, à telles enseignes qu’elle serait obligée de le quitter chaque fois qu’il est ivre. Les autres Ezili de la classe petro sont Ezili-mapyang, Ezili-coeur-noir, Ezili-boumba et Ezili-kokobé.

Il existe aussi des différences raciales dans le monde des loa. Mlle Charlotte et Dinclisin sont des mystères français. Leurs possédés parlent un français fort correct, même lorsque dans la vie courante ils n’en connaissent pas un mot.

Le Baron samedi

Les Barons sont des divinités de la mort, qui hantent les cimetières, parés des attributs du deuil.
Baron Samedi est le plus redoutable des loas du rite pétro. Il existe bien d’autres loas dans la famille de Baron Samedi comme
• Baron La Croix,
• Baron Gran Chemin,
• Baron Kriminel,
• Baron Mazaca La Croix,
• Baron Zoupimba,
• Baron Tonnerre,
qui ne sont pas de simples noms différent mais des loas aux personnalités différentes et bien marquées.

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Baron Samedi est l’esprit de la Mort et le maître des cimetières où il vit. Il est vénéré le samedi d’où son nom.
Ses symboles sont le chapeau haut-de-forme et les couleurs noir et violet. Il est le chef des guédé, des esprits macabres et grivois, ayant comme symboles une croix noire, un cadavre et les mêmes couleurs que le Baron Samedi.

Il est l’époux de Grande Brigitte, (Madame Brigitte, Mademoiselle Brigitte et Mamman Brigitte) qui est la Gardienne des tombes et loa des cimetières; Ses arbres sacrés sont l’orme et le saule pleureur.

Marinette-bois-chèche

Marinette-bois-chèche, l’un des loa les plus redoutés de la classe des petro. C’est une diablesse vouée au mal et l’exécutrice des basses oeuvres de Kita, lui-même un grand loa sorcier. Marinette est surtout révérée par les loup-garous qui lui font des services propitiatoires lorsqu’ils ont besoin de son aide. Elle vagabonde dans les bois et c’est là que ses serviteurs viennent déposer leurs offrandes dans des endroits secrets.
Elle s’y rend à la faveur de la nuit, afin de ne pas devoir partager sa nourriture avec quelque autre loa, car elle passe pour une divinité chiche.

Bakoulou-baka

Bakoulou-baka, qui traîne des chaînes derrière lui, est un loa si terrible qu’on n’ose l’invoquer. Lui-même ne possède jamais personne. On lui porte ses offrandes dans les bois dont il fait sa demeure.

Les loa Mondongue-moussai

Les loa Mondongue-moussai appartiennent à l’un des nombreux groupes Congo; ils sont très célèbres, même en dehors des milieux vaudouisants, à cause d’une singularité de leur culte: on leur offre des chiens vivants dont ils mordent le bout de l’oreille pour en sucer le sang. Comme ce sont des génies malfaisants, il y a danger à ne pas les satisfaire.

A Marbial, une famille qui avait pris à la légère la requête des Mondongue en fut cruellement punie: elle perdit un enfant et le jour des funérailles un loa Mondongue « descendit » dans un parent pour annoncer que si on lui avait donné du chien à manger l’enfant serait encore en vie….

Sources:
Le vaudou haïtien d’Alfred Métraux
-Les rites funéraires vaudou de Meryl Jeanneau
-Les mystères du vaudou de Laënnec Hurbon


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